‹ Théâtre de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 258 sur 258 · ACTE III, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VI

Cessez de fuir un joug devenu néc<essaire ; S'il fubpltis d'une fois injuste et sanguinaire. Ces temps-là font passés.

TOICIE.

J'en prédis le retour.

Les tyrans sont unis. Tu les verras un jour, ■ Non plus se partager, mais déchirer l'empire; C'est à dominer seul que chacun d'eux aspire. Et des proscriptions le cours ensanglanté.

Crois-moi, pour quelques jonrs.est à peine arrêté.

Eh! ne rappelez plus ces meurtres détestables.

Que le malheur des temps rendait inévitables.

De ces derniers Romains l'indezible fierté ,

Loin de parer le coup, l'a peut-être bâté :

n est frappé, cédons. Dans les temps où nous. sommes^

On voudrait vainement imiter ces grands hommes.

Enfin le sort décide, et quand tout est soumis.

L'esclavage et les fers ne nous sont point promis.

Mais la paix succédant à la guerre civile,

Mais une liberté moins fière et plus trantpille.

Jugez donc, sans vouloir ici vous abuser.

Si c'est de tels présens que l'on doit refuser.

Fléchissez comme nous, Rome a besoin de maître,

Les deux vainqueurs, Porcie, en ce lieu vont paraître;^

Du moins si votre cœur ose les condamner,

N'insultez point à ceux qui vont vous pardomier.

POKCIE,

On pardonne an coupable ; et û 1« Ciel propice

hyGoo^le

m BRUTUS ET CASSIUS. SCENE \1.

Daignait entendre encor la v(ùx de la justice. Ce sont eux, Agrippa, qiii, dans leur abandon,* Viendraient aux pieds des lois implorer un pardon. Ce jour vous a permis de fléchir sous les crimes , Mais le sang des Catons connaît peu ces maximes. Les tyrans vont venir; apprends que mes destins, Malgré tant de revers ne soot pas en leiu-s mains. En vain du monde aaitier leur victoire m'exile, le puis leur échapper.

AGRIPPA

Où sera ton asile ?

Contre tant de pouvoir, où fuir? ou le cacher?

POB.CIE, en se tuant Dans les enfers. Crois-tu qu'ils m'y viennent chercher?

MBSSÀLl.

ïuste ciel!

POXCIE.

Je rejoins mon époux et mon frère, Digne de tous les deux, digne aussi de mon père ; Servez, je meurs contente , et mes yeux expirans Ne verront plus ce jour souillé par des tyrans.

{ Elle expire. )

Page 1