‹ Théâtre de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 31 sur 258 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

Plutôt qae d'achever un afireux uimfice, Je menaçai de fîiir, de demander justice.

Voilà pour quel forfait des femmes en furenr Me plongèrent vivante en ces lieux pleins d'korréur. Ici , depuis quinze ans, je languis enchaînée , Inco^ue aux hujrpaius, du ciel abandonna.

Cependant je vous vois, vous daijgnaz m'écoi^itt»', Et peut-être il.<^t Us dfi me persécu^r.

xuii.it.

En ses tonchans discours chaque mot m'intéresse. Ah ! mon respect pour vous égale ipa .tendresse ; De nos communs deslins vous me voyez frémir, Et c'est peut-être ainsi qu'6n voulait me punir.

BËLOÏSE.

Vous punir !

• Avilie.

apprenez quel est mon sort funesu.

Ou exige de moi des.vçeux que je déiste.

HÉLOÏSE

Quoi ! VOUS prononceriez ces horribles sermens !

Mon coeur a découvert ses secrets tentimem ; Mais que peut l'f^primé contre la tyrpmie ?

On prélOid malgré moi disposer de ma vie.

BÉLOÏSE.

Et vos cruels paréos vous ont fermé leurs bras !

AM^HB. .

■' I parent, ditea-ToiuP je ne les connais p&s. ^

hyGoot^le

•ji FÉNÉLON.

HÉLOÏSE

Qaoi ! TOUS ne savez pas ce que c'est qu'une mère ! ' Je TOUS plains à mon tour.

AMÉLIE

O pïli^ douce et cbère I Dans Tablme où le ciel a voulu vous plonger, Plaignez-vous un chagrin qui vous est étranger ? L'infortune aigrit l'ame, et ta rend inflexible.

BÉLOÏSE.

A force de mallLéar la mienne est plus sensible.

ÂMÊLIS.

N'est-il aucune femme en ces lieus abtiorrés Qui sache compatir aux maux que vous soufirez ?

HÉLOÎBE.

Celle qui m'apportait , dans la première année , lie vase rempli d'eau, le pain de la journée, '

Alors qu'elle daignait jeter les yeux sur moi, Me lançait des r^ards pleins de haine et d'effivi. Une autre vint remplir ce sombre ministère :

Son aspect chaque jour mè parut moins austère \ De ses yeux attendris j'ai tu couler des pleurs :• La pitié qu'on inspire adoucit les malheurs.

Tant de maux, de chagrins, ma triste nourriture, Paraissaient quelquefois accabler la nature ; Cette femme, attentive à ces cruels nLomens, M'apportait en secret de plus doux alimens.

Lorsque , pendant l'hiver, une humide froidure Aigrissait tout à coup les tounnens que j'endiue , ^ '

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