ACTE IV, SCÈNE III. loi
Que la sonmissioti , dans votre sort (îmeste , i
Peut seule désarmer la veogeance céleste?
HÉLOÏSB.
Et vous , par quels moyens la désarmerez-vous? Qui pourra tous sauver de l'immortel courroux, Lorsque vous rendrez compte au Dieu de la nature , Des lourmens qu'a soufferts sa faible créature P Mon crime fut d'aimer j le votre est de haïr. Dieu créa les mortels pour ^'aimer, pour s'unir : Ces cloîtres, ces cachots ne sont point son ouvrage j Dieu fît la liberté , l'homme a fait l'esclavage. Mais l'esclave ne porte aux pieds de l'Étemel , Qu'un hommage stérile , un encens criminel.
A ses vœux quelquefois si le ciel est propice. C'est quand sa voix gémit , et demande justice ; Quand l'infortune en pleurs, maudissant ses bourreaux, N'a que Dieu pour témoin dans l'ombre des tombeaux. Au cri du désespoir le monde est peu sensiUej Mais l'Etre qui peut tout n'est jamais inâexiUe.
l'ibbesse.
Jusqu'à quand, dites-moi, voulez-vous l'outrager? Comment espérez-vous qu'il pense à vous venger? L'Eternel, selon vous, prendra votre querelle! Cest nous qu'il punira !
HtLOÏSC.
N'en doutez point, cruelle.
C'est TOUS qui répondrez de mes longues douleurs : n comptera mes cris, mes sanglots et mes pleurs. Les heures , les instans de mes )ours déplorables ;
hyGoo^le
Et tout retombera sur vos têtes coupables.
Si la bonté du ciel , la pitié des humains »
Ne m'arrachent bientôt à vos barbares mains , Pour prix de mes malheurs , qu'une autre victime Ne vienne , après ma mort , au fond de cet aMme , Déposer les chagrins de son cœur désolé , Sur la pierre insensible où mes pleurs ont coulé! Qu'on ne retrouve plus dans le sein des familles Des pères inhumains et bourreaux de leurs filles ! Que la reli^on , que vous déshonorez , Ferme et détruise enfin ces cachots abhorrés : Que la liberté règne au pied du sanctuaire ; Que jamab un mortel , ou fiiiMe ou téméraire , Ne prête devant Dieu le serment insensé D'être inutile an monde où ce Dieu l'a placé I Vous , dont l'impiété depuis quinze ans m'opprime , Que le remords vei^eur , premier enfer du crime , Vous ronge et vous déchire à vos derniers momena : Puissiez-vous d'H^loïse envier les tourmens, Trainer avec lenteur une mort douloureuse , Mourir dans l'abandon qui la rend plus affreuse, Et remplir de vos cris ces goiifli^es étemels , Créés pour les tyrans et les graqds criminels !
l'abbesse.
Ainsi vous prodiguez le blasphème et l'outrage 1 Et vous ne craignez pas?...
HÉJ.OÏSB.
Épuisez votre rage.
l'axbesse.
Nous pouvons tout ici ; vous le savez m>p bien.