ACTE IV, SCÈNE IV
Quel objet!... vous, qu'ici mon aspect doit confondre, Elle a gémi quinze ans : qu'oaez-v»us lui répondre ?
Par les décrets du ciel son arrêt fut dicté.
Ce ciel pardonne tout , hors rinhumanïté.
l'abbesse.
Dieu même prescrivait ces rigueurs légitimes.
Toujours le ciel et Dieu quand on commet des crimes !
Ce Dieu vous a-t-il dit , je veus être vengé ?
Foucquoi punissez-vous avant qu'il ait jugé?
Pourquoi vous armez-vous d'une ligueur impie
Qu'accusent à la fois sa doctrine et sa \ieP
Ah ! puisque votre cœur est si nual inspiré ,
Instruisez-vous du moins dans le ^vre sacré.
Comment Dieu parle-t-il à la femme adultère?
Elle [Jeure à ses pieds ; \a<-41 , dans sa colère ,
Chercher pour la punir des tourmedS inconnus ?
n pardonne , et lui dit : Allez, ne péchez plus.
H fallait égaler sa sublime indulgence.
Ne songez désormais qu'à fléchir sa vengeance.
Si des juges mortels j'invoquais le courroux,
Vous sentiriez les lois s'appesanUr sur vous.
Je n'imiterai point votre rigueur sinistre ,
Par respect pour celui qui m'a fait son ministre.
Vous dont il a souSèrt les destins ïnouis,
IHiisque vous me voyez , tous vos maux sont finis :
hyGoo^le
io8 FÉNÉLON.
Ce jour est le dernier de votre long supplice. ,
Âh ! c'est au nom de' INen que l'iiumaine injustice
Osa TOUS condamner k d'borribles revers ;
Et c'est au nom de Dieu que je brise vos fers.
BÉLOÏSE.
O pitié douce et tendre ! 6 sageue suprême !
Estrce on homme , un pontife , ou l'Étemel lui-m£me ?
l'abbesse. Mais son père irrité par un cruel amour , Dans ce cloître sacré l'enferma sans retour.
H nous transmit le droit...
rÉTTÉLOB.
D'inventer des supplices ?
De la voir expirer? d'y trouver des délices ? De jouir de ses pleurs et de son long trépas ? C'est le droit des bourreaux ; ne le réclamez pas.
HÉLOÏSZ.
Que son langage est doux^ que son ame est sublime!
rtutLon.
Sortes de ce tombeau , triste et noble victime ; Je n'ai qu'tm seul r^ret , il fait couler mes pleurs ; Cest de venir si lard terminer vos malheurs. .
AMÉLIE, âumér».
Vous allez, loin d'ici, jouir de ma tendresse.
Je ne tous verrai plus. Vous partez : on me laisse!
hyGoot^le