‹ Théâtre de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 89 sur 258 · ACTE II, SCÈNE III. iC · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III. iC

TIUOPHAirc.

Tu ne me confonds pas , et je vais te répondre.

Tes reproches sont durs ; ils soot cruels pour moj :

Mais je vois un ami , je vots un frère en toi ;

Je te chéris encor, malgré ton injustice.

Je n'oublirai jamais <fue, sans ta main propice^

Dans les plaines d'Ârgos, tout nion sang répandu...

Mon frère ! un citoyen^ j'ai fait ce que j'ai dA.

TIUOPHAHE.

Mon cœur reconnaissant...

TUCOLÊOB.

Point de reconnaissance :

Défends la liberté ; voilà ma récompense.

TIMOPHÀB».

Mon nom dans les combats fut placé près du tien. Ce' ijue l'état me doit...

TIMQIi^OIl.

L'état ne nous doit rien; Mais nous lui devons tout : vertus , ' talens , fortune , Tout en nous appartient k la mère communUi :

Si nous comptons fin jour nul pour U liberté , - Nous lui venons le bien qu'^e nous a prêté.

TIMOFHiRE.

Faut-il , en la servant , dénué jd'efipéraoce » Renoncer pom- jamais au prix de $a vaillance?

i66 TIMOLÉON.

Après quelques exploits , et taat de sang versé , Doî»-je donc par la liaine être récompensé ?

J'oublie Ortagoras , par égard pour mon frère j Je sais que la vieillesse , ombrageiue et sévère , En de vagues soupçons se plaît à s'égarer-, Mais , que d'afironts cruels on m^a dît dévorer! Cenx que tu méconnais sont des amis sincères^ Ils imposaient silence à mes vils adversaires : Ce sont eax qui , pour moi se réunissant tons , Ont dissipé l'essaim de mes rîva&x jaloux.

Si de Corintlie , enfin , je suis élii prytane , Ce sont eux dont la voix a m>mmé Timophane ; Et, sans eux , dans Texil je me verrais plongé Loin de la ville ingrate où j'éuis onU-ngé.

Tes yeux ont vu pourtant à je l'ai Inen servie !

TIHOLÉOn.

Et le droit de verser ton sang pour la patrie ,

L'inestimable honneur de mourir pour nos lois,

N'est-ce donc pas im prix plus grand que tes exploits?

Tu n'as que de l'orguejl -, tu n'aimes point la gloire.

Peux-tu compter pour rien une illustre mémoire ?

Jjes vierges , les vieillards , célébrant leur soutien ,

Pleurant sur le cercueil du guerrier citoycai ;

Le cbène couronnant sa valeur qui succombe ,

Et l'immorulité qyi s'assied sur sa tombe ?

Tu me parles d'afironls : et de quoi te plains-tu ?

Par de vils envieux le làcbe est abattu.

Vois Ci mon, Miltiade , Aristide le Juste :

Eh! qui n'envierait pas ledr infortune auguste?

Après vingt ans d'exploits , de vertus , de travaux ,

hyGoo^le

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