‹ Théâtre de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 90 sur 258 · ACTE 'II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE 'II, SCÈNE III

ffont'ils pas succombé aous d'indignes livanx P N'a-tr-on pu va contre eoz s'armer la calomnie ? IVont-ila pa» d'un »xil essuyé l'inlàime P Eh bien! de la vengeance Qn^ils goûté l'espoir? Ont-ils voulu du peuple ébranler le pouvoir ? Pï<nt ; d'un r^rd modeste , et d'une ame tranquille, Os emportaient la gloire au fond de leur asile -, - Et, de loin sur l'état ^zant toujours les yeux, Four la patrie absente ils invoquaient les dieux.

IIMOFBADB.

De la vertu suprême, ascendant redoutable! Le passé m'épouvante , et l'avenir m'accable. Anticlès... /

TIHOLÉOS.

Ânticlès ! ponrqucH ce nom fatal :

Q me semble du crime entendre le signal.

TIHOPHAHE.

Je dois te déclarer tont ce que je redoute r

De nombreux citoyens , trompés , faibles sans doute ^

Voudraient calmer l'état tr6p long-temps a^té ,

Et sur un ferme appoï fonder la liberté.

Déjà même à grands cris ces'citoyens demandent...

TIXOLÉon.

Anticlâa et les siens P Je sais ce qu'ils prétendent. J'entrevois aisément , ainsi qu'Oriagoras , Des projets que )'Ed>borre, et que je ne crains pas. Quelquefois , il est vi^ , dans une république , Le peuple est travaillé d'un repos léthargique : Alors tous les méchans s'assemblent à grands flots ;

hyGoo^le

1(68 TIMOLEON.

Alors au B^ des au^ s'oardùsent les comtois.

Quand le lâche est treml^aDt , qvand ie traitra conspire,

Quand le tyran fuUir a ja «aio but l'«Bpire ,

Se levant tout à coup, le peuple d'aa coup d'oeil

Voit tous ses euBeinis, et les plonge au Ceroueil.

TIMOPHÂKE.

Ta généreuse ardeur et m'anime et m'enâamme.

A tes sages conseils* j'altandonne mo« ame.

Dis-moi, Timoléon; crois-tu gavant ce jour De Corinthe en mon cgeur j'eusse étouffé TiHaour ? Mon frère, avec tes traits , j'avais là son image, Et contre elle indigné je lui rendais hommage. A ton malheureux fr^% elle a parlé cent fois : Elle me parle encore.

Ti'HOLÉen.

£Ji hien! entends sa voix.

Sois digne des mortels qui t'ont «looQé la vie ; Et si ipielques pervers , organes de l'envie , Veulent d'uae omhre injuste obscurpir ton éclat, Punis-les par ta gloire, en servant bien l'état. Mais, surtout, des flatteurs crains la la[tgue h<»nicide; Plus d'ami dangei'eux, de conseiller perfide; Rejette loin de toi ces vils séditieux, Ministres complftisans du moindre aml^enx.

Nés pourla servitude, et fsçonaés au crime, Foudroyés par la loi, qu'As tombent dans l'aUme : Le regret de Corinthe, à leiu-s derniers instans, Sera d'avoir produit ces indignes «nfans.

Mais toi, dont la patrie a vanté la vidUance,

hyGoot^le

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