SCÈNE V
TIMOLÉON, TIMOPHANE, DÉMARISTE, ORTAGORAS, LE qpOEUR.
OKTlCOB AS.
Un décret solennel , émané de nos pères , IVégligé par leurs fils en des temps moins austères ., Veut que tout citoyen , de fonctions chai^ , JDevant le peuple enfier paraisse et soit jugé.
hyGoogIc
ÀCtEir, SCÈNE V. iji
A suivre cette \m Timoléon s'empresse :
Comme à ces grands objets tout l'état s'intéresse^ Les magistrats du peuple ont dA le rassemUer; Timoléon m'entend; c'est à. loi de parler.
TtlUOLÉOS, AUtribuna.
Citoyens, magistrats, assemUés sur la rive.
Membre du souverain dont tout pouvoir dérire , Nomipé chef de l'armée, et responsable k tous, Te dois vous rendre compté, et m'offi^ devant vous. Ua vrai républicain ne craint pas la lumière. De mes moindres discours, de ma conduite' entière. Je veux avoir le peuple et les dieux pour témoins. Sur dix mille guerriers confiés k mes soins , La moitié d'Âgrîgeiite occupe encor l'eoceinte : Trois cents ont eu l'honneur de mourir pour Corinthe : Les autres en ce jour, reveniu sur mes pas.
Sont prêts à s'illustrer en de nouveaux combats. Par un de ses décrets, lorsque la république M'envoya sur les mers de Sicile et d'Afrique, Quinze de nos vEHsseaux s'éloignèrent du bord : ' Je ramène aujourd'hui vingt vaisseaux dans le port. Deux, pris à Lîlibée, apportent dans la ville Ces superi>es moissons que produit la Sicile : Trois «pires, chaînés d'or, sont aux Carthaginois : Ces fiers républicains qui. protègent des rois. N'avaient paS' présumé que leur flotte opulente Volerait vers Corinthe et non. vers Agrigente. Pour les frais de la guerre on tira dn trésor, On remit dans mes mains deux mille talens d'or. Faites un sacrifice au tem^ de N^tnne : "
hyGoo^le
i7« TIMOLÉON.
Je reviens les vener dans la masse commune^ La mer vous les rapporte an sein de vos foyers: Cartiuige et Syracuse ont payé vos guerriers. Mes compagnons^ gardant leur simple caraciire, Ont maintenu des Grecs la discijJine austère , Et de tous vos soldats le courage indompté , Est digue de Corinthe et de la liberté :
Us sauront de Denys terrasser l'îasolence :
L'honneur de mes succès n'est dû qu'à leur vaillance. J'ai tâché cependant do remplir mon devoir.
Au peuple souverain je remets mon pouvoir :
Je lui garde mon sang ; je lui donne ma vie ; Jusqu'au dernier soupir, soldat de la patrie , Je marcherai toujours aux accens de sa voix : Trop heureux de mourir en di^endant ses droits ! ( n descend de la tribnae. )
GueiTÎer 6dèle et magnanime , Cher k Corinthe qui t'entend, Reçois le seul prix qui t'anime :
Sois heureux ; le peuple est couteitt.
Reste encor le chef de l'arnTée ; Et , dans Syracuse allannée , Ton nom vaincra nos enneims :
Sur tes enseignes immortelles , La victoire étendunt ses ailes, Renversera les rois soumis.
TIMOLÉOS, à Ortagoras.
Des partisans du tràue où se cache l'audace?
hyGoogIc