‹ Théâtre de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 95 sur 258 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

Automates tremblaos sous sa main protectrice, Respirer ou mourir au gré de sou caprice ?

L'égalité vous pèse ! avez-vom oublié Que nos peuples pour elle ont tout sacrifié?

Les Phocéens , quittant les mers dfi l'Iome , Jusqu'aux mers de Marseille ont fui la tyrannie :. Le jeune Harmodius , aux bords Athéoieus , Sur Hipparqae inunolé vengea tes citoyens :

Dans les murs de Corintlie , aux monts 4^ l'Arcadie, Un écbafaud des rois punit la perfidie , Et la Grèce, éveillant vingt peuples encbalnés, A vomi de son seïn ses bourreaux couronnés.

Du monarque persan l'éclatante ruine , Etonne encor les flots'qui bordent Salamine.

Voyez de tous cAtés s'élever à vos yeux Les droits du peuple écrits du sang de vos aieux j Voyez la liberté descendant sur nos villes :

Des champs de Messénie au pas des Thermopyles , n n'est pas un seul point/.où , gravant ses exploits , La Grèce , en traits sanglans, n'ait accusé lea rois. Ainsi , l'égalité devint votre partage.

Et vous renonceriez à ce grand héritage .' ■ Vous prétendez ramper sous un sceptre insolent , Et relever d'un roi le colosse accablant !

Ah! si vous êtes las du pouvoir populaire ,, Esclaves , respectez le jour qui vous éclaire ; Attendez que la nuit ait voilé nos remparts ; Avant d'élire un roi, massacrez vos vieillards: Votre honte est pour eux un supplice trop rtide ; Ils n'ont pas respiré l'air de la sek'vitude : Que leur dernier soupir neu soit "pas infecta,

hyGoo^le

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Et qu'ils meurent du moins avec la liberté.

I LE CROBTJR.

Liberté ! liberté ! guerre à la tyrannie !

TIHOPHABZ.

Si du monde usurpé la liberté bannie Fuyait partout des rois le souffle criminel, ^

Elle aoraît dans Corinthe un asile étemel.

De nos dieux protecteurs l'auguste Providence Teille du baut deâ cieux sur notre indépendance. Kendons-nous toutefois dignes de leurs bienfaits: On n'est'point criminel pour réclamer la paix; Mais sachez qu'en nos murs il est d'autres coupables Le peuple est entouré d'ennemis implacables...

&BTICLÈB.

Et c'est pour assnrer, pour maistenir ses droits, Qu'au nom du bien public j'élève ici la voix. n faut qu'un ma^strat, sage, actif, intrépide, Opposant aux partis une invincible >égide.

De tous les factieux confonde la fureur, Et que la liberté règne par la terreur.

DÉMIRISTE.

Tel est des oppresseurs le langage ordinaire ; Je dénonce Anticlès : républicaine et mère , ' J'ai le droit de parler poin- arracher mon fils Au piège où l'entraînaient de perfides amis.

Je vois en nos remparts une borde insensée Aux lèvres du génie enchaîner la pensée.

La terreur, contprimant l'bonnéte homme abattu»

hyGoogIc

ACTEIi; SCÈNE VI. 177

Sèche rhumaïuté, fait taire la vertu.

La tyrannie altière , et de meurtres avide ,

D'un masque révéré couvrant son front livide ,

Usurpant sans pudeur le nom de liberté ,

Roule au sein de Corintlie un char ensanglanté.

Au courage , au mérite on déclare la guerre ;

On déclare la pafx aux tyrans de la terre ;

Et la discorde impie , agitant ses flambeaux.

Veut élever un trône au milieu des tombeaux.

H est temps d'abjurer ces coupables maximes :

n faut des lois, des moeurs, et non pas des victimes.

Imprimons aux méchans un sdlutaire eflïoi ;

Que le erime pâlisse et tombe sous la loi :

Mais qu'au moins l'innocent go&te un sommeil tranquille }

Mais que l'infortuné trouve encore un asile ;

Qu'il ne redoute plus , sous son tott protecteur,

L'œil du juge homicide et du vil' délateur.

Le peuple ne veut plusces indignes entraves 1

Songeons que la'terreur ne fait que des esclaves;

Et n'oublions jamais que sans humanité

n n'est point de loi juste etpoînt de liberté.

ÀHTICLÈS.

Que tardons-nous encor ? l'heure est enân venue De rétabhr la paix dans Corinthe éperdue , • *

D'étoufier sans retour les cris séditieux.

osTlGOïAS dëcoQVTBiit imdiadlinecach^paTBÙlegcotijai^*. Citoyens ! quel objet vient offenser mes yeux ? Voyez-vous ce bandeau, marque du rang suprême? Connaissez vos tyrans.

ijS TIMOLEOPr.

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