ACTE IV, SCÈNE II. aS
Pour lui demander grâce au nom Ae rinnocence , Pour implorer du moins ce droit d'humanité Que le bieniàit des lois laisse à la royauté. Mais k nous fîdr tous deox Henri met son ^tude. Soit qu'il ait épaissi l'air -de la servitude , Soit que d'tu or coupaUe il lecueSle les fruits , Les communes, les grands, dans sa cour introduits. Ont contre sa démence invoqué sa justice.
Au vœu qu'il a dicté le monarque propice , Semble, par des conseils laissant guider sa main. Abdiquer malgré lui le pouvoir d'être humain. Au cri de la pitié son cœur inaccessible Veut que je vous annonce un arrêt inflexible. Le cruel me gardait ce nùnistêre affreux 1- Et cependant, madame, un ordre rigoureux De son appartement nous interdit Ventrée :
Lorsqu'à vos oppresseurs son oreille est livrée , De vos derniers amis il évite les pas.
Le père de ma fille a «gné mon trépas !
Mais vous me l'annoncez, mais je vous vois encore.
Vous me percez le cœur...
BOULEIT.
Souvenir que j'abhorre !
Prévenant les souhaits de mon barbare époux , Supportant ses froideurs , ses caprices jaloux , Dans ces prt^onds ennuis nés do pouvoir suprême, TOME I. 17
nign^Pdi-vGoOgle
iS8 HENRI VIII.
Lorsque sa cnuoU , le tonmeotaiit iBÎHnènie ,
Étendait sur son front le voile des doidevs ;
Plus triste, plua à plaindre, et dévorant mes pleurs,
Moi, souvent près de lui smi eêclnve &«inblante,
Je lui faisais entendre tme voix c^isotante.
Vœux, soins, respeot, amour, il a tout ouUlé.
Saurais dn le prévoir) les rois sont sans pitié.
Ils ont reçn du ciel un rang qui les <Kspense
De vertu, de tendresse et de reconnaissance.
n valait mieux, sans do»*e, anx pieds de nos autels ,
Recevoir les sertneos du dernier des mortels :
II n'eût point dans son cours interrompu ma vie;
Et, si l'arrêt du sor* me ïcùi sitôt ravie.
Sa présence eût au nwins attendri nos adieux,
Et la main d'un époux m'aurait fermé les yeux.
Voua voyez cet abîme où je suis descendue :
C'est un roi qui m'aimait, c'est hiî qui n'a perdue ;
C'est lui qui maintenant se plaît i m'accat>ler.
Mais c'est trop peu ; sa rage ose encore immoler
Des sujets innocens , mes amis , ma famille :
Si je pouvais au moins voir un instant ma fille !
CRAliHEK.
Vous la verrez , madame.
BOTJLEN.
Ah ! que m'annoncez-Tous ?
cranher.
Le roi...
BOULER
Ne m'dtez pas un espoir aussi doux.
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