ACTE ÏV, SCÈNE VIÏ
lEin C&LAS.
Approchez , et parlez sans rien craindre.
Si je vais à la mort, je ne suis point à plaindre.
LE CEOLIER.
Pour avoir votre aveu les ministres des lois Vont vous interrc^r une dernière fois.
Au tribunal homaia faut-il encor paraître !
' LA SBKVAHTE.
Arrêtez ; que je meure aux genoux de mon maître !
HADAUE CALAS.
Nous tombons à ses pieds ; nous y périrons tous.
Ma femme , mes en&ns , mes amis , levez-vous. Adieu ; n'abusez point de ce moment tenîble 5 Qu'il soit attendrissant , qu'il ne soit point borrible. L'injustice ici-bas commande à notre sort Durant ces courts instans que termine la mort : Mais je vais dans tui monde où l'équité préside , Où dans le sein de Dieu l'éternité réside.
Vous , siy ce globe impie encore abandonnés , Vous , en qui je dois vivre , et qui m'environnez , Epouse , cnfans , amis , si le sort vous rassemble , Vous pourrez quelquefois me regretter ensemble , Et, quand des pleurs amers couleront de vos yeux, Vous sécfierez vos pleurs en regardant les cieux. Oui , je vous recommande au Dieu de nos ancêtres ,
nign^Pdi-vGoOgle
Au Dieu qu'ont immolé des juges et des prêtres.
Ne craignez point pour vous nn fôchetv souvenir j
La raison d'aujourd'hui semant pour l'avenir ,
Versant de tous côtés sa lumière féconde ,
Vaincra les préjugés , ces vieux tyrans du monde ;
Et le fils vertueux d'un père criminri
Ne recunllera plu« l'opprobre paternel.
Quant à moi , chez les morts je suis prêt k descendre j
Mais le temps à la honte arrachera ma cendre j
IjCs défenseurs du peuple et de rhumanité
Iront dans mon tombeau chercher la vérité ;
Leurs fidèle» récils sannmt à k mémoirs
Tracer de Jean Calas la malheureuse histoire,
Afin que les mortels qui font parler la loi
Soient frappés k mon nom d'un saltuaife ef&m.
nign^Pdi-vGoOglc