ACTE V, SCÈNE II
La gloire, ce durable et précieux trésor, La gloire, et la Tertu , plus précieuse encor , Couronueut à la fois le déclin de sa vie, Et de leur double éclat importunent l'envie.
maqahe cii.is.
Mais quels droits aurons-nous ?
LA SALLE
La vertu, le malheur^ Tons les infortunés ont des droits sur son cœur. Courez vous prosterner aux genoux de Voltaire : Vous serez accueillis sous son toit solitaire ; Il vous tendra les bras; ses yeux dans cet écrit Liront de vos revers un fidèle récit.
MADAME cAlAs.
11 nous prot^era contre la tyrannie !
LA SALLE
De ce devoir sacré )'ai sommé son génie. Sous de nombreux tyrans le monde est abattu ; Mais un sage , va grand bomme , ami de la vertu , Faisant aux préjugés une immortelle guerre , Fut créé pour instruire et consoler la terre.
MADAME CALAS
Que ne puis-je à l'instant me jeter à ses pieds!
LA salle.
Que ne puîs-je vous Suivre aux lieux où vous fuyez, Loin de ces murs sanglans y cbercber un asile! Mais ici mon séjour vous sera plus utile
nign^Pdi-vGoOgle
364 'EAN CÂLÂS.
Ponr calmer des esprits tourmenta par l'errear,
Et dont la pitié ressemble à la iiirem-.
LOUIS CÀLAS.
O ma mère, embrassons la dernière espérance.
MiD&MZ CALAS.
Nous allons traverser les cités de le France , Et rencontrer paitont des mortels curieux Qui verront notre honte écrite dans nos yeux.
LA SALLE
Ils y verront aussi votre innocence écrite.
MADAME CALAS
La voilà, diront-ils, la famille proscrite!
La pitié se taira dans le fond de leurs coeurs ;
Ils oseront peut-être insulter i nos pleurs.
Mab cpie dis-je P Non loin de la rive chérie
Où nous courons chercher une ombre de patrie
Habite notre fils , dernier fruit de l'amour :
Ce fils , depuis six mois absent de ce séjour ,
Quand il verra couler les larmes de sa mère, "
n l'interrogera sur son malheureux père ;
Et sa mère expirante , avec de longs sanglots ,
Dira : « Ton père est mort sons la nuiin des bourreaux! »
LA SALLE
Dieu cher aux tolérans, haï des fanatiques, Dieu de tous les himiains , non des seuls catholifpies, Tandis que tu reçois l'encens de l'Univers Devant toi rassemUé sons des cultes divers,
nign^Pdi-vGoOgle