ACTE V, SCÈNE II. 3«i
KAD&HB CALAS.
Ciel!
LA SALLE^ lui offrant une bonne pleine d'or- Daignez accepter...
MADAME CALASt
Homme ùmple et snblime , Dont l'admire en pleurant la pitié magnanime, Je n'ai besoin de rien.
LA SALLE
Comment?
MADAME CALAS
Je sais sooffiir.
LA SALLE
Vous dédaignez Tappui que je viens vous ofirirl Ce nLétal , inutile aux mains de Tavarice , Prodigué par l'orgueil, perdu par le caprice, Trop souvent des forfaits Tinstrument abhorré. Quand il sert la vertu , devient pur et sacré.
MADAME CALAS
Héros de la justice et de la bien£dsance. Qui vous rendra cet or ?
LA SALLE
Le ciel, ma conscience.
MADAME CALAS, l«iNnnt k booTM.
Mon cœur est entnrtnéi non, je n'aurai januiB L'oi^œil de repousser vos généreux 1:
nign^Pdi-vGoOgle
Pfou ; je TOUS rends justice , et riea ne m'humilie ; Je vous devrai Thomieur, je vous devrai la vie. Mais où courir enfin ? dans les murs de Paris , D'une mère aux abois faire entendre les cris ? Raconter mes douleurs, montrer mon infortune? Hëlas! aux gens heureux la plainte est importune; Vous le savez. Un cœur qui n'a jamais soufièrt Aux cris des opprimés est rarement ouvert :
Le faste corrompt l'ame, et la rend ïnsensiMe. Irai-je supplier un ministre inflexible?
Courber dans les palais mon front humilié, Et mendier des grands l'insolente pitië ?
Lk SALLE.
Je connais un soutien plus s&r, plus honorable , Plus auguste.
MIDAME CALA.S.
Et quel est ce mortel secourable ?
Quel est ce protecteur qu'il nous faut révérer?
Ll SALLE.
Sans honie et sans frayeur vous pourrez l'implorer.
MADAME CALAS
Expliquez-vous. *
LA SALLE
n est, pr^s des monts helvétiques, Un illustre vieillard , fléau des fanatiques , Ami du genre humain ; depuis cinquante hivers Ses sublimes travaux ont instruit l'Univers : A ses contemporains prêchant la tolérance.
Ses écrits sont toujours des Inenfàits pour la France.
nign^Pdi-vGoOgle