ACTE m, SCÈNE I
Et mon cœur dans le tien demande à s'épancher. Sans crainte et sans détour permets qu'il se déploie , N'augmente point l'hoiTeur qui se mêle à ma joie, Ne sois pas inflexible , et laisse-moi goûter Ce qu'au prix de la gloire il me faut acheter. Laisse-moi mon bonheur. U n'est plus sous les teiues \ Hélas ! songeant encore à des palmes absentes , Encor plein des exploits qui me furent promis , Â l'omhre de ces murs trop souvent je gémis.
Plains-moi , dans les hasards iàis oublier Turenne : À ta gloire , d'Amboise , ajoute encor la mienne , Perdu pour les chrétiens ,-je veux revivre en toi, Va cueillir ces lauriers qui ne sont plus pour moi , Et ne tourmente plus une ame infortunée , Qu'à de nouveaux destins l'amour a condamnée.
L'amour ! Dans ces climats aux langueurs consacrés , Sous im prophète impur long^temps déshonorés , Je veux bien, mon ami , que sa vois criminelle A la voix de l'honneur soit constamment rebelle ; Je veux qu'un Syrien , soigneux de s'avilir , Dans la honte à son gré puisse s'ensevdir, S'ignore , et chaque jour adorant sa faiblesse , Traine ime longue mort au sein de la mollesse : Mais l'amour est plus fier parmi nos chevaliers , Il enfante la gloire et les travaux guerriers ; Sa voix est généreuse, et, dans ces grandes âmes De l'héroïsme encor sait irriter les flammes. A la coiu* de Philippe il fallait faire un choix Qui voulût im cœur gur et de rares exploïu.
4<î AZÉMIRE.
De tes succès bientât noblement amoureuse ,
3De ton nom répété , de ses feux orgueilleuse ,
Elle aurait dit un jour en nommant son vainqueur :
C'est dans Jérusalem qu'il mérita mon coeur.
La beauté de tout temps brûla pour les grands bonunes,
O Turenne ! l'amour nous fait ce que nous sommes.
Compagnon de la gloire , il nous guide aux combats ;
Au milieu des dangers il affermit nos pas ,
De notrç saint courage , aux i^ves de la France,
D sera quelque jour la douce récompense ,
Et des plus belles mains cent lauriers préparés ,
Appellent de Sion les conquérans sacrés.
Si tu veux' écouter une plus haute envie ,
Ce grand espoir de vivre au delA de sa vie ,
Ob ! c'est peu , mon ami , que d'un cri glorieux
Les peuples étonnés nous portent jusqu'aux cieux ,
Que l'bonneur et l'amour déjà nous applaudissent ,
De nos augustes faits les siècles retenùssent.
Vantés au loin, chantés chez nos derniers neveux,
Célébrés chez leurs fils , ils vont faire après eux,
Betracés d'âge en âge en des récits fidèles ,
L'étonnement du monde et des races nouvelles.
TUnSNBB.
Ces discours généreux que m'adresse ta voix, Mon cœur en frémissant se les est dits cent fois ; Mais je n'aspire plus à tant de renommée ; Et contre qui veux-tu que ma main soit armée ; J'ai déposé le glaive , et c'est pour elle enfin ; Et je dois le reprendre et lui percer le sein! Elle , qui nourrissant une injuste espérance,
nign^Pdi-vGoOgle