‹ Théâtre de M. J. ChénierChapitre 22 sur 251 · ACTE m, SCÈNE I. 4i · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE I. 4i

Voyait dé}k mon bras Toler k sa défense !

Connais-moi : pour servir aujourd'hui son courroux , Non , sans doute , mou bras ne peut rien contre vous , A l'honneur jusque-là je ne suis point rebelle , Non ; mais pour vous enfin je ne puis rien contre elle.

d'ahboise.

Sois son vengeur, Turenne , ou sois son ennemi , Et non pas vertueux , criminel à demi.

Pour ces murs cependant un long calme s'apprête j Tous les vœux sont toiunës vers ime autre conquête; Bouillon , d'un siège obscur fatigué désormais , Au sépulcre divin veut marcher sans délais ; Rien ne doit l'alarmer.

TtlSEKSE.

Ainsi loin d'Azémire , Pour venger notre affiont, j'irais...

o'auboisz.

Qu'oses-tu dire ?

Ce n'est pas notre aâront , c'est l'injure des cieox. Quand nous avons quitté ces champs délicieux Que baigne ou la GIrçnde , ou la Seine , ou la Loift, Ce fut pour conquérir une pénible gloire ; Et, franchissant les monts, les fleuves, tes torrens, L'astre des Syriens , aux regards dévorans , Les armes , les remparts , les landes infécondes , Mous devions du Jourdain venger les saintes ondes. Abattre du croissant la coupable grandeur, Et des murs de Sion relever la splendeur.

Cette œuvre généreuse est pres<pie consommée.

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D'un triomphe éternel notre roate est semëe ,

Tout a subi le joug, Sion nous tend les bras,

Pour aller jusqu'à Dieu nous n'avons plus qu'un pas.

Un seul : et tu prétends retourner en arrière !

Que diront les Françabî* que dira ton vieux père,

Alors qu'il apprendra par d'indignes récits ,

Qu'en des bords criminels on a laissé son âb ;

Qu'à l'honneur, aux combats qui t'appelaient loim d'elle.

Son fils a préféré les bras d'une înfidelle,

Ce £Is qu'aimait la France , et que du haut des cienz

Avec oi^eil déjà contemplaient ses aïeux ?

Ton père I et vcnlà donc te prix de sa tendresse !

H se rappellera ces temps où sa vieillesse

Dans les champs de l'honneur guidait tes premiers pas ;

Ce héros , sans regret voisin de son trépas ,

Voyait revivre en toi ses belles destinées':

Après avoir été pendant quarante années

Le soutien de nos lis , l'honneur des chevaliers ,

Ses cheveux blancs encore attendaient tes lauriers ,

n lui faut désormais , sans fils , sans espérance ,

Chaigé de tant d'exploits, rougir devant la France ,

Et de ses jours vieillis maudissant le fâYdeau ,

Tralnn* plaintivement son nom dans le tombeau.

TCRENHE.

Ne me présente plus cette accaUante inuige.

Il connaîtrait la honte ! et voilà mon ouvrage ! 11 verrait tant d'exploits par moi seul obscurcis , Et ses derniers soupirs accuseraient un fils !

- d'àuboise.

Et IneD , qoe résoos-ta?

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