‹ Théâtre de M. J. ChénierChapitre 210 sur 251 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

Sans oi^neil , sans colère , ainsi que sans eûnn :

Ce vieillard , achevant sa dernière journée ,

Présentait ans regards de la foule étonnée ,

Au lieu d'un front courbé sous le poids du remord,

Le front d'un innocent que l'on mène à la mort.

n reconnaît de loin 1^ apprêts, d'un supplice

Que le crime peut même accuser d'injustice ;

U se trouble, il s'arrête, il détourne les yeux :

Puis, levant tout-à-coup ses regards vers les deux.

Tous ses traits ont brillé de ce grand caractère

D'un m(»tel détrompé des eireurs de la terre ,

Et qui, par la bmmains déclaré ccîminel ,

Va se justifier aux pied^ 4e l'Ëterm). .

Je ne vous peindrai point sa mort lente et terribla,

De l'art des meurtriers raffinement borrible,

Industrieux tourment par la rage inventé ,

L'opprobre de nos Ims et de rbumanitéj

Mais ses derniers discours, ses dernières pensées

Jamais de mon esprit ne seront effacées.

Poussé d'un mouvement peu^èttie un peu cruel,,

J'ose lui demander s'il n'est point criminel ;

J'offre à ses yeux mourans un Dieu plein de clémence,

Poiu- qui le repentir est encor l'innocence :

Sa réponse a &appé jusqu'au fond «Je mon cœur ;

Vous aussi! m'a-t-il dit d'im ton plein de douceur.

J'entends encor sa voix pénible et déchirante,

Et ces mots qui tombaient de sa bouche mourante.

A ce seul-souvenir vo^s me voyez pleurer.

Hélas! j'ai vu bientôt le vieillard expirer.

Pour sa femme et ses âls priant la Providence,

Plaignant les magistrats et l'humaine prudence,

nign^Pdi-vGoOgle

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