ACTE V, SCÈNE VI
Leur pardonnant encore à ses derniers soupirs ; Cest ainsi qu'autrefois périssaient nos martyrs.
CLÉKÂC.
n n'a rien avoué?
LOUIS CÀLIS.
Rien, juge sacrilège.
CLÉRAc, âpart.
Ah! je ne puis cacher le trouble qui m'assiège.
(Haut.) Songez que mon devoir, la justice, la loi...
Songez que vous parlez devant le ciel et moi. Quand vous avez traîné l'ianocence au supplice , Vous osez prononcer le nom de la justice!
Frémissez bien plutôt à ce terrible nom!
L'excès de mon malheur m'a rendu la raison.
Rangez-vous, mes eufans, auprès de votre mère-, Quittez ces heux souillés du massacre d'un père : Et vous, prêtres cruels, magistrats odieux, • D'une épouse en iureur entendez les adieux.
Un jotir viendra, sans doute , où, las de tant de crimes, Le ciel doit satisfaire aux cris de vos victimes. On ne vous verra plus , entourés de bourreaux , Dominer sur la France au milieu des tombeaux ; Sur vos fronts orgueilleux les foudres vont descendre } Du malheureux Calas ils vengeront la cendre ; Sou nom sera sacré ^ vos noms seront flétris j Et je mourrai contente en voyant vos débris.
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i-}2. JEAN CALAS.