ACTE I, SCÈNE I
GKACCHDS.
Cruelle ! k ton éfoux ce reproche s'adresse!
LiciniA.
D'époux ! en ai-je encor ? j'ai perdu sa tendresse ; Et ma voix, mes conseils, qui veulent son bonlieur, Ne savent plus trouver le chemin de son coeur.
GRACCHUS
Arrête, et songe enfin que ce discours me blesse. Voudrab-tu des tyrans m'inspirer la feiblesse? On les voit adorer de coupables beautés ; A leurs pieds chaque jour changeant de volontés^ De leurs vœux inconstans échos toujoui^ fidèles , N'entendre , ne penser, et n'agir que par elles } Tandis que sans pudeur, régnant par les désirs , Elles vendent l'état pour payer leurs plaisirs. Une ame citoyenne, un fils de Cornélie, Sait aimer son épouse et chérir la patrie :
A ces deux sentîmens je cède toui^-à-tour 5 Mais l'intérêt pubhc marche avant mon amour-