‹ Théâtre de M. J. ChénierChapitre 219 sur 251 · ACTE I, SCÈNE U · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE U

Hâas! de ses vertus quelle est la récompeuse? Si les Romains charmes vanteot son éloquence , S'il est l'appui du peuple , ud sénat ombrageux Lui fera payer cber cet bonneur dangereux.

Caïus doit-il des siens repousser U tendresse? Âb ! des cbagiins publics le tourmentent sans cesse : Désormais tout l'appelle en ces paisibles lieux ; Ses yeux y trouveront et sa mère et ses dieux , Et son unique eniànt , présent des destinées , Dont l'œil a déjà vu s'écouler cinq années ; Sa tendre épouse enfin, que son coeur doit cbérir. Aux regards d'un ëpoux viendra souvent s'offiir. Caïus auprès des siens i si Caïus veut m'en croire , Connaîtra le bonheur qui vaut mieux que la gloire.

CORSÉLIE.

Non , non , Licinia , n'abusez point son cœur ; Parlez de son devoir, et non de son bonheur.

Voulez-vous, dites-moi, lorsque dans la tribune Et de Rome et du monde on règle la fortune, Qu'il soit dans ses foyers lâchement retenu , Et qu'entré sur la terre il en sorte inconnu P Les hommes tels que lui sont nés pour la patrie-, Il lui doit ses talens, ses travaux et sa vie : Jusqu'à son dernier jour qu'il s'enchaîne à l'état , Qu'il abaisse les grands, qn*il résiste au sénat, Que du peuple sans cesse il prenne la défense ; Un immortel renom» sera sa récompense.

U sait braver, ^t^endr^j et subir les revers ; .

TOMB r. aS

nign^Pdi-vGoOgle

386 CAIUS GRACCHCS.

Et quand les sénateurs, ces tyrans, ces pervers, Feraient tomber sur lui l'exil et la mort même, Dans le sein de l'exil, à son instant suprême, Sans daigner accuser ses destins rigoureux, Si la patrie est libre, il sera trop heureux.

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