ACTE I, SCÈNE n
Malgré tant de vertus, le sort lui fut contraire ; Et contre le sénat «on imprudent effort...
caiccBos. Achève , ne crains rien , rappelle^ncâ sa mort.
Rappdle-nioî ce jour où leur furie L'osa frapper au sein des dieux de la patrie . Sous l'œil de Jupiter , en ce lieu révéré Que la mort d'un grand homme a rendu plus saci^. J'étais bien jeune alors : au récit d'un tel crime , Je vais , je cours m'oflnr pour seconde victime. J'adresse aux meurtriers des cris mal entendus j Les yeux noyés de pleurs et les bras étendus, Pour la première fois employant la prière, Je leur demande au moins les restes de mon frère : Et ce frère et la mon , ils m'ont tout refusé. Au mépris des tyrans son cadavre exposé Fut jeté dans le Tibre; et Fonde épouvantée Roulait avec respect sa tête ensanglantée.
Près de ce bord fatal, solitaire, et conduit Par les faibles lueurs de l'astre de la nuit, Par les traces du sang que je suivais sans cesse, Par la faveur du ciel , suM»ut par ma tendresse. Je vis, je rassemblai ses membres dispersés-, Ma bouche s'imprima sur ces membres glacés.
Et ma main déposa sa cendre auguste et chère Dans l'urne où l'attendait la cendre de mon père.
nign^Pdi-vGoOglf
COl^HÉLIE.
Chagrin toujours nouveau pour un cœur maternel! Jour de sang ! premier jour de mon deuil étemel , Où du peuple rtxhain 1% douleur importune Ed stériles sau^ois m'apprit mon infortune ; Où je vis k mes pieds le second de mes fils De mon fils ^oi^é m'apportant les débris !
D'abord mon désespoir eut quelque violence ; Bientôt nos pleurs amers s'écoulaient en silence ; Tous deux nous embrassions ces restes généreux j Sur nos seins palpitans nous les serrions tous deux : O prodige ! il semblait que ces cendres émues Sentaient avec plaisir nos larmes confondues.
LICIJf lA.
Grands dieux !
COKNÉLIE.
Licinia , vous répandez des pleurs !
Ce n'est pas tout encor. Pour calmer ses douleurs Caïus abandonné n'avait que Comélie : .
A ses desdns alors vous n'étiez point unie.
Les grands applaudissaient au trépas d'un héros ; Et moi, près de Caïus étouffant mes sanglots, (Quel tourment, quel devoir, hélas! pour une mère!) De la mort de mon fils je consolais sou frère.
GKjLCGHUS. '
O ma mère! il est vrai.
CORVtHE.
Tu t'en souviens, Caïus!
IMoi, je me consolais en voyant tes vertus.
nign^Pdi-vGoOgle