ACTE II , SCÈNE II
Quels aomiiDBc les héros que tous Tantcz sans cesse ? Deux ^raDS ^béiens , jaloux des sénateurs , Deux frères que l'orteil a rendus novateurs , Renversant par degrés U liberté rranaine , Factieux par inâtinct , par intérêt , par haine , ' Infectant vos esprits de leurs prévalions , Et pour vous subjuguer flattant vos passions \ Voilà les grands exploits de Caïus , de son frère~: Ces bienfaits exceptés, dût ma franchise austère D'un parti qui succombe irriter le courroux , J'oserai demander ce qu'ils Ont fait pour vous. (Drusiu s'aasied danaU trâMine].
FtTLviDS, accounmtl'hi tribune.
Ce qu'ont fait les Gracchus pour le peuple de Rome ! Est-il vrai ? Dans ces murs on peut trouver un bommç Qui parle des Gracchus, et demande aujourd'hui Au peuple rassemblé ce qu'ib ont &it pour lui ! Eux tromper les Romains ! c'est toi qui les ^ares. Citoyens , alliés , étrangers , et barbares , Tout des grands, des préteurs t'apprendra les forfaits j Tout de nos deux héros t'apprendra les bienfaits. J'ai suivi les Gracchus du jour qui les vit naître : L'Univers les connaît; j'ai dû les mieux connaître; A leurs divins travaux je fus associé, Et ma plus grande gloire est dans leur amitié. Ton châtiment sera le récit de leur gloire.
Voici ce qu^ils ont dît ; gardes-en la mémoire ; Contre les ma^trats les faibles protégés , Par d'utjles moissons les pauvres soidagës ; ' Ces moissons dans nos murs s'acciunulant d'avance»
nign^Pdi-vGoOgle
Tous les ans aux Romains assurant l'abiMidaace ; Des chemins somptuenx s'ouvrant de tonte parts , La cit^ d'Annibal relevant ses remparts ; Enfin des monnmens pins sacrés , plus augustes , Des abus renversés , des lois saintes et justes, Qui dans le monde entier fondaient la liboté , Si le sénat romain n'avait pas existé.
Les Cracchus ont aimé le peuple pour lui-même : Eux seuls ont mérité «jùe le peuple les aime.
DROSiis, toujonn à h Iribniie.
Fulvius, si tu veux vanter les deux Gracchus , Nomme les nations , les rois qu'ils ont vaincus ; La fuite des Gaulois fut-elle leur ouvrage?
Ont-ils dompté Pyrrhus et subjugué Carthage ? Ces durs patriciens, ces crueb sénateurs, Voilà nos généraux et nos triomphateurs.
Je vois de tous cAtés des nations sujettes , Contentes sous nos lois de leurs propres défaites ; Des rois fiers de tenir leur sceptre de nos mains , Et de monter au rang de citoyens romains ^ La république au loin s'étendant par la guerre , Terminant son empire aux confins de la terre. n faut bien avouer que des exploits si grands Ne sont dus qu'aux héros qu'on appelle tyrans. Tant d'éclat , de succès , tant de siècles de gloire , Sont-ils en un moment loin de votre mémoire ? Est-ce un crime a)ijourd'hui d'oser s'en souvenir? Est-ce vos bienfaiteurs que voua voulez punir? (Q disccud de la tribuntj.
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