ACTE, II, SCÈNE IL
LE PEDPLS.
Non, jamais.
opiMios, iFulTiiia.
Au tribun crois-tu pouvtàr répondre?
FU1.YIU8.
Gracchus dans la tribune est prêt à le confpndre.
LE PEtTPLE.
Écoutons , c'est Graccbus. H parait agité.
GBiCCHVS, remoDtant 1 la tribime.
Romains , je ne puis voir avec tTRnquilUté , Je n'entendrai jamais sans une bonté extrême Un magistrat du peuple , élevé par vous-mêmes , Rendre aux patriciens des hommages si doot, Et vous compter pour rien en s'adressant à vous. Le tribun nous rappelle et ^PyrrlïKs et Cartbage^ Mais la gloire des chefs est-elle sans partage ? L'honneur de commander à des soldats romains * IS'a-t-il pas influé sur leurs brillans destins ? Sans tous les plébéiens morts pour la république Dans les forêts d'Epire, aux campagnes d'Afriqoe, Emile et Scipion, sans gloire et sans exploits, N'auraient pas à leur char enchaîné -tant de rois: Plébéiens , vrais guerriers , je vois vos cicatrices : Les nobles à la guerre ont cherché les déhces , Bs régnaient dans les camps ; vous avez combattu : Vos chc& ont triomphé quand vous avez vaincu. Us ont gardé pour eux la gloire et l'opulence , Us ne vous ont laissé que l'obscure indigence ; TOME I. 26
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4oa CAIUS GRACCHUS.
Us ne vous ont hâtaé qas le partage affi<eux De travailler, de vaiocre, et de mourif pour eux. Sur les monts , sur les mers , chez des peii^les barbares , Votre sang a coulé pour des tjrsns avfffes.
Mais que sont , après tout , aux yeux patrïciena Les travaux , les sueurs , le sang des plébéiens ? Drusus s'est iàen rempli de lein- orgueil farouche ; Le sénat tout entier 'a parlé par sa bouche.
Et vous oses, Romains, haïr les sénateurs l Vous osez oubher qu'il sont vos bienfaiteurs ! Ah ! si vous en doutiez , si vos cœurs insensibles Demandaient k Drusus des garans infaillîMes , Vous pourriez en trouver sans aortif de ces lieux , Et de sanglaus témoins sont présois k vos yeux. C'est ici que mon trère a péri leur vicliine : Mon &ère vous aimait, et voilà tout son crime. . Au fond du Capitole aUez intern^er Jupiter Protecteur qui le vît ^rger. . .
Faisceaux, glaive, licieurs, or vil et sanguinaire. Qui commandas le meurtre , et qui fus son salaire , Et vous , temple saéré , tribune où tant de fois Des Ronains (^primés il défendit les droits , Antel qu'il eaàmastât de sa main' d^fàillanie , Tibre , où j'ai recaoUi sa dépou^e sanglanie , Elevez-vous , tonnez contre ce penj^ ingrat ; Et qu'il a^trenne enfin les bienfaits dn sénat. (D descend de la tribune).
LE PEUPLE
Oui , voilà ses bienfaiu; ils demandent vengeance.
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