‹ Théâtre de M. J. ChénierChapitre 241 sur 251 · ACTE m, SCÈNE H. fiS · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE H. fiS

OPIMICS.

Toi qui ne souffires point qu'on outrage ton frère , Parle avec moins de haine , avec moins de colère ; fTinsulte pas, Graccliu5, un s^at redouté.

Et toi , n'insulte pas Kome et l'humanité.

Tu dois plus de respect , plixs de i

Au peuple que tu ser* , et qui fait ta puissance.

OPIMIV^.

n suffit. Terminons tous ces vains diffërendi. Tu peuT être l'égal ou le Héan des grands , L'ami des sénateurs , ou bien leur adversaire : Crains de te repentir du choix que tu vas faire ; Tel est ïnmipie obiet qui nous rassemble ici ; Et je veux la réponse à l'instant.

GKACCBUS.

Je ne transige point avec la tyrannie ; La querelle du peuple A ma canse est nnie^ A de vils préjugés rien ne peut m'asservir , Et pour r^iriiié je vpux vivre et mourir.

opiMins.

L'égalité ! ce mot stérile et chimérique , Qu'on r^ète toujours, que jamais on n'explique. De tous les préjugés renferme le plus grand ; Et la nature humaine est mon premiei- garant. L'assassin, le brigand, un esclave imbécile, Égaleut-ils Brutus , Scévi^ , Paul.^mile ?

nign^Pdi-vGoOgle

4i6 CAIUS GRACCHUS.

D'un iantâme adoré déserte les autels ; L'in^alitë r^ne aa milieu des mortels :

Les vertus , les talens , et surtout l'opulence , Etablissent entre eux un intervalle immense , Rien ne peut de ces dons surmonter l'ascAidant, Et du riche en tous lieux le pauvre est dépendant.

GBACCHUS.

Tu feins, Opimîus , de ne me pas comprendre : Écoute; je savais, avant que de l'entendre, Quelle est lautorité des talens , des vertus, Et de l'or, ce pouvoir que tu vantes le plus : Eli bien ! ni les vertus , ni l'or, ni le génie , Ne peuvent justement fonder la tyrannie.

Les iSembres d'uo eut , ^ux devant les lois , Unis des mêmes nœuds , ont tous les mêmes droits. La nature aux mortels n'a point donné d'entraves } Elle n'a ^int créé d^ tyrans , des esclaves ; Elle a créé , consul , la sainte égalité , Et sa main dans nos cœurs grava la liberté.

Des seuls patriciens ce n'est point le partage; Elle appartient au monde ; et ce grand héritage Est à tous les humains dispensé par les cieux , Tel que l'astre dii jour qui luit pour tous les yeur.

OFIMIUS.

C'est ainsi que le peuple est bercé d'un système Dangereux pour l'état , dangereux pour lui-même.

CKiLCCHOS.

Ce système, consul, ne peut nuire à l'état; n peut servir le peuple aux dépens du sénat.

nign^Pdi-vGoOgle

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