SCÈNE ÏII
SOLIMAN, AZÉMIRE, ISMÈNE, Gardes.
Madame , enfin le ciel vous ramène un guerrier Formidable aux chrétiens , un Soudan qui vous aime , Et qui de vous venger fait sa gloire suprême. J'avouerai cependant que je sois confondu De tout ce qu'en ces lieux j'ai d'abord entendu. Madame , on vous insulte ; on prétend qu'une reine , Et si digne du trône , et si jeune , et si vaine , De ses longues fiertés interrompant le cours , Nourrit tranquillement de perfides amours^ Que vous avez trahi votre loi , votre gloire. A ces feux criminels je n'ai pwnt osé croirei - ' Pour lire dans nos cœurs , les peuples curieux - Interrogent sans cesse et nos'pas et nos yeux, < De nos muets regards expliquent le silence , Souvent d'un mot douteux altèrent l'innoeence ,
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ACTEl, SCÈNtm.
Dupes «le tons ces bruiu dont ils sont les auteurs , Et du sceptre toujoiirs insolents détracteurs. Qui daigne se fier à de tels interprètes , Ne connaît point des rois les passions secrètes. 3e sais trop qa'«i$ément 1^ vulgaire est sëduît , Et fai dû présumer que j'étais mat instruit. ^
ÀEÉMILE.
A vos exploiu , seigneur , j'ai des gf àces â readn ; Tons avez bien plus fait que )e n'osais prétendre , Et je crains qne Uentôt tous n'alliez r^retlsr Des secours et des Tceax qu'il faudrait mériter. De beaux lauriers , seigneur , attendent votre vie. Vengez-Tons , délivrez vos états et l'A^ , Renversez des clu-étiens l'étendard odieux-:
Se prédis , sur la foi d'tin bras si glorieux , Qu'ils n'auront point cueilli des palmes éternelles. Mais quant i ces amours perfides , criminelles , Que votre bouche ici n'ose me reprocher, Je n'ai point dès long temps prétendu les cacher. Vous en pouvez, seigneur, croire la renonunée, Je n'en rouirai point ; j'aime et je snis aimée, n n'a que trop sans doute illustré sa valeur, Tnrenne désormais possède tout mon coeur, Et sur son front guerrier où la ]'euhesse est peinte, On voit de ses vertus briller Tàuguste empreinte. D est fier, généreux j et parmi ces chrétiens H n'est point de hauts faits qui surpassent les siens ; U m'aime ; il est , seignenr , digne de ma tendresse. On vous a bien instruit» i