ACTE III, SCÈNE IL iS
■ Les pares, les enfàiu, les rois, les nations? » ■\oiik ce qa*ils ont &it.
LOK&lIHE.
Osez-vous, téméraire -
Ne rinterrompeE pas} condnues, mott père.
l'hApital.
S Genève s'abuse , il la faut excuser :
Les yeux fixés sur Rome , on pouvait s''aba8er : Genève , récusant ce tribunal suprême , Aura cru que le code inspiré par IMeu même , Toujours cité dans Kome et si mal pràticpié , Peut-être aussi dans Rome était mal expliqué. Dussions-nous de Calvin, condamner HnsDlence, Entre les deux pards rEurope est en balance j Et parmi vos si^ets le poison répandu , Jusqnes dans votre cour déjà s'est étendu.
Ab ! quoique vos sujets, si vous devez les plaindre, Sire, vous n'avez pas le droit de les contraindre ; Le dernier des mortels est maître- de son coeur. Le temps amène tout , et ce n'est qu'une erreur ; Et si quelques instans elle a pu les séduire , L'avenir est cbargé du soin de la détruire :
Mais afi^ctcr un droit qu'on ne peut qu'usurper ! Contmauder aux esprits de ne pas se tromper ! Non , non, c'est réveiller les andques alarmes. , En lisant votre édit , tout va courir aux armes ; Et vous verrez encor dans vos cbamps désolés
i58 CHARLES IX.
Par la main 4e6 FnmçaÎB des Françaù immolés ;
Après tant de traitas les Français implacables,
Et contraints par vous-même à devenir coupables.
Citoyen de la France , et sujet sous cinq rois ,
Sous votre frère et vous, ministre de ses lois.
J'ai voulu raffermir ses grandes destinées ;
Elle est chère à mon cœur depuis soixante années.
Sire , écoutez les lois , l'honneur , ta vérité j
Sire , au nom de la France , au nom de l'équité ,
Par cette ame encor jeune et qui n'est point flétrie , .
An nom de votre peuple , an nom de la pauie ;
Biraï-je au nom des pleurs que vous voyez couler ?
Que tant de maux sacrés cessent de l'accabler :
Rendez-lui sa splendeur qui dut être immortelle ;
Votre vieux chancelier vous implore pour elle :
Ou bien , si ma douleur ne peut rien obtenir ,
Je ne prévois que trop un sinistre avenir ;
Mais sachez que mon cœur n'en sera .point complice.
Avant les proteslans qu'on me mène au supplice.
Je condamne à vos pieds ce dangereux édit j
Je ne puis le sceller ; pimissez-moî : j'ai dit.
CHASI.'ES.
Moi , je punirais ! Non , non , des traits de flamme Tandis que vous parliez ont pénétré mon ame.
Chancelier , je vous crois , et je [JeuTs avec vous ; Oui , je veux adopter des sentimens plus doux ; Oui , c'est la vérité ; je dois la reconnaître. Oui, j'ai pu me tromper: on m'égarait peut-être,
CATHE^niKE.
, Vous croyez...