‹ Théâtre de M. J. ChénierChapitre 69 sur 251 · ACTE m, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE II

l'bôpitai.

Sire, permettez-moi...

CBÀRLES.

Ainsi vous refiuex d'éclairer votre roil

l'hôpital.

Eh bien ! vous le voulez , je romprai le silence.

On parle du saint Siège et de r Est-il d'ingratitude où le bienfait n'est pas ? Je pourrais vous citer des pondfes ingrats :

L'Europe a vu cent rois armés pour leur dcfensi; , Et le sang des héros cimenta leur puissance.

Ces pontifes, cachés à l'ombre de l'autel, Long-temps n'avaient ouvert que l^s portes du ciel : Us n'étaient que sujets. Qui les a rendus maîtres? Bs doivent leiu^ états à l'un de vos ancêu^s. Quel usage ont-ib fait de ces droits contestés? Accumulant les biens, vendant les dignités.

Us osent commander en monarques suprêmes, Et d'un pied dëdaignewc fouler vingt diadi^mes. Un prêtre audacieux fait et défait les rois : • Vos aïeux l'ont souffert ; mais voyez à sa voix Jean-Sans-Terre quittant , reprenant la couronne ; Sept empereurs chassés de l'église et du trône. Forcés de conquérir la foi de leurs sujets.

Et dans Rome à genoux courant subir la paix.

Voyez Charles d'Anjou, le fils des rois de France, Remplir du Vatican l'odieuse espérance :

Il vole, il sacrifie à d'injustes fureurs Le reste infortuné du sang des empereurs ;

nign^Pdi-vGoOgle

i56 CHARLES IX.

Et son amlndon , cruellement doàle ,

Prépare à nM Français les vêpres de Kdle.

Un enfant , seul espoir de Naples et des Germains «

Conradin , vers le ciel levant ses jennes mains ,

Périt sur l'échafaud en demandant son crime ,

Convaincu du forfait d'Être un roi légitime.

A ce verdge a£freux trob siècles sont livrés ;

Toujours du sang , toujours des attentats sacrés ,

Investitures , radl , meurtres et parricides ,

Et l'anneau du pècbetir scellant les r^cïdes.

Faut>-il nous étonner si les peuples lassés.

Sous Tinflerible )0|ig tant de fois terrassés ,

Par les décrets de Rome assassinés sans cesse ,

Dès qu'on osa contre elle appuyer leur faiblesse ,

Bientôt dans la réfortae ardens k se jeter ,

D'un pontife oppresseur ont voulu s'écarter ?

C'est ainsi qu'au milieu des bûchers de Constance

Le schisme d'un inoment puisa quelque importance ;

Ain^ que des prélats l'indiscrète fureur

Conquit trente ans de guerre et la pnbUqoe horreur;

C'est ainsi que Luther, au Vadcan rebelle ,

ÉtaUit aisément sa docbine nouvelle;

Après lui c'est ainsi que Faustère Calvin

Dans Genève eut encore un plus brillant destin.

n n'est qu'une raison de tant de frénéûe ,

Les crimes du saint Siège ont produit lliéréde :

L'Évan^e, a-t-îl dit, n Prêtres, écoutez^noî,

» Soyez intéressés , soyez cruels , sans foi ,

» Soyez ambitieux f soyez rois sur la terre ?

» Prêtres d'un dieu de paix, ne prêchez que la gonief

j» Armez et «Uvisez, pour vos opiiûons.

nign^Pdi-vGoOglc

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