‹ Théâtre de M. J. ChénierChapitre 73 sur 251 · ACTE IV, SCÈNE I. i6i · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I. i6i

On m*apprit avec soin leurs vengeances utiles, Maïs on ne m'apprit pas s'ils vécurent tranquilles ; Et mon cœur me répond , par un cri douloureux , Bs étaient criminels , iU furent malheureux.

Oui, je prends 1 témoin tout ce qui m'environne : Le crime et le malheur sont assis sur le trône. Coupable, c'est souâHr, souffîir plus que la mort; Même avant le forfait on connaît le remord !

Et que souffiiras-lu lorsque ta main fumante Vers le ciel indigné se lèvera sanglante ? Ah ! je verrai le sang me poursuivre en tout lieu ; N'osant plus contempler ni les hommes, ni Dieu , Je verrai l'avenir, vengeur des parricides , L'avenir , soulevé contre les rois perfides , Prononçant tous les jours son arrêt souverain , Graver mon nom flétri sur des tables d'airain. Non, point de repentir! c'est un poids qui m'accable; Je ne porterai point l'afiTreux nom de coupable : Laissons mon intérêt , réûstons aux avis D'tme mère aux abois qui tremble pour son fils. Je sens que la justice est un besoin de l'ame ; lia défense est de droit, la vengeance est infôme ; On ne fait point la paix un poignard à ta main , El l'intérêt d'un homme est toujours d'être humain.

(D l'astied , et tombe dam une profonda rêverie. )

nGoc^Ic

i63 CHARLES IX.

Page 1