‹ Théâtre de M. J. ChénierChapitre 89 sur 251 · CHARLES, CATHERINE, LORRAINE, GUISE · texte numérisé non relu

CHARLES, CATHERINE, LORRAINE, GUISE

coTJRTiSàMS, QàHDES, PAGES Rvec dés flambeanx. '

CATHERIiyE.

"Venez, vengeurs du ciel , soutiens de votre mAitre.

LOREAIDE.

lie ciel est satisfait. Coligni fut un traître.

UBHRI.

Lui ? CoUgnî !

CUISE

Lui-même , et son coeur dès long-temps Méditait...

HEnKt.

Il est mort : n'ètes-vous pas contens ?

Vous l'égorgez , cruels ! et votre bouclie impie Ose encore attenter à l'éclat de sa vie !

Vous lui rendez justice ; un nom si glorieux A mérité l'honneur de vous être odieux.

Voilà donc les héros , tes soutiens de la France ! Quelle exécrable joie ! ou quelle indifférence ! Quoi '. je fais dans ce Louvre éclater mes douleurs Sans trouver tm Français qui réponde à mes pleurs !

cAtherike.

D'un indigne regret si votre ame est atteinte ,

N^atlendez plus de serrile coatrainte :

Cet art , à dos Français si long-temps ^trai^r, De flatter sa ncdme arâiit de l'^orger.

Que ne le laisaiez-vous an fond de lltaiie , Cruelle ! ainsi par vous la France est avilie ! Ainsi TOUS Sétrissez te nom de Mëdicis !

Vous renversez nos lois ! vous perdez votre fils ! Et vous , de vos sujets destructeur inflexible , Roi d'un peuple vaillant , bon , générem , sensible , Vous vous rendez l'efiroi de ce peuple indigne , Et , sur le trône assis , vous n'avez point régné. D'un forfait sans exemple infortuné complice , Vous n'éviterez pas votre juste supplice :

Il commence j et je vois dass vos yeux égarés Le désespoir des cœurs en secret déchirés.

Eh bien , vous n'avez fait que k moitié du crime : Te respire j il vous reste encore une victime ; Prenez-la. Mais bienU^ le ciel va voos punir ^ A vos sujeu proscrits le ciel va vous unir ; Votre front est marqué du sceau de sa coUre ; Un repentir tardif vous parle et vous éclaire. Ce sentiment afireux , précipitant vos jours , Au sein des voluptés en corrompra le com« :

Vous craindrez et la France , et vous-nkéme , et la vie ; A Coligni mourant vous porterez envie :

Le sommeil , ce seul bien qui reste aux malheureux , N'interrompra jamais vos ennuis douloureux ; Pour de nouveAuv toHinaetis Vous noterez sans tiesse ; Et , quand la mort viendra frapper votre jetraesae ,

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