ACTE V, SCENE II. i
C'est ici , près de nous , que le roi des Français Sous le plomb destructeur fait tomber ses «i)Cts • Médicis , le froot calme , applaudit à ses crîBoes, Exalte son adresse , et compte se» victimes. '- Au milieu des poignards , des flambeavx , des débris , Des membres disperses, des'feux, àa sang, des cris, Vous eussiez vu tombefces fils de la patrie i Dont trente «as de combats ont r^peeté la 'fie ; Malgré ses ebeyeux Makcs le vieiHard immolé ; Après de loBg» efiôrta le jeûna homme accaUé , Qui de son corps moKnmt prot^;e encore un përt. L'enfant mime égorgé snr le sein ,de sa Aère : Les uns percés de coups au moment "Au réveil ; Les autres , plus heureux , frappés dans leur sonuueîl ^ Les époux massacrés dans les bras de leurs femntes ; Au^wès de kmrs enfàss ce«x-cï livrés aux fiammes ^ Du kam des toîte en feu ceax-4A précipités \ D'autres , en se sauvant , par le glaive arrêtés ; D'autres fuyant la mort dans les flots de la Seine , Et retrouvant la loiHl stir la rive procfiaine. Mais déjà l'on- pénètre an réduit sans éclat Où Coligni pesait les destkts de l'Aat.
Sur les sanglans degrés ses serviteurs périss^t; Les soupirs des mourans jusqu'à I<b YcAentïssent; ' n reconnak Iti voix du jeune Téligni Criant : n Je meun, Smivcb les JDur» de Colfgui. v n se lèra :' en tons lîenx les fiiFOQch6s Cobwtes Le cherchaient. L^ héros ouvre toutes, les portes ; Att^evant des poignards il s'avance à grands pas , Sans armes, mais plus fier qu'an milieu des combats. Seul , mais environné de «oixante «ns de gloire.
nign^Pdi-vGoOgle
A l'aspect de ce front ridé par la victoire ,
Rempli d'ub ^saint respect , les assassins trenlblans
Se prosternent en pleurs devant ses cheveux blancs ;
ils jettent leura poignards dëgoûtaus de camAge.
Bême arrive , et du crime il leur rend le courage t,
11 les force à rougir d'un moment de vertu :
Sous tafeit de meurtriers le grantt homme abattu
Expire en ïntoquaut Charles qui les envoie.
Ce meurtre est annoncé par de longs cris de joie :
On part ; un peuple impîa et de rage éniwé , •
Traîûe dans les chemios son corps dé6guré \
Au bout d'un fer sanglant Bème expose sa tète ;
n porte à Médicis tette horriUe conquête.
Ce sang , ces cheveux blancs , ce front pâle , ces yeux
Levés pour implorer le tribunal des cieux,
Ces lèvres qui s'ouvraient pour demander vengeance,
Des bourreaux triomphans prononçaient la sentence.
Nos Sis , et que le ciel , trop long-temps en courroux ,
Daigne les rendre, hélas ! moins barbares que nous!
Nos iils détesteront des trames infernales ,
Liront en pâlissant nos sauvantes annales ,
Avec un long effroi cftmtempleront ces lieux ,
Et maudiront les jours çù vivaient leurs aïeux.
Pour moi , j'ai trop'vécu : las de vertus stériles ,
Je vais rendre au tombeau quelques jours inudles
Qu'à de vils assassins je ne dois plus oâiîr :
Le crime est sur le tr6ne; il est temps de mourir.
nign^Pdi-vGoOglc