‹ Théâtre de Mme. AncelotChapitre 104 sur 350 · ACTE II, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE V

d amble ville, se levant vivement, ainsi que tout le monde. M. Gribelet ! que dites-vous ?

LÉONCE

Eh bien, oui, Gribelet.

DAMBLEVILLE.

Et cet argent ?

C'est le vôtre !

DAMBLEVILLE.

Mes deux cent mille francs ?

LÉONCE

Précisément !

DAMBLEVILLE.

Ah! mon Dieu!... mais il ne s'agit pas du tout d'un pauvre diable... il s'agit de moi !... Cet argent m'appartient bien... N'allez pas renoncer à cette affaire, mousieur Léonce! n'y renoncez pas !... au contraire... voyons, parlez!... M. le marquis vous écoutera... il doit vous écouter!... Et cet indigne Gribelet...

MADEMOISELLE MONISTROL, à part.

Tiens!... le voilà qui dit le contraire de ce qu'il disait tout à l'heure !

la marquise, à M. de Trêneuil.

M. Gribelet? quel est cet homme, et quels rapports peuvent exister entre vous et lui ?

M. DE TRÊNEUIL.

Il est l'agent de quelques unes de mes entreprises.

DAMBLEVILLE.

C'est un fripon, un coquin, un voleur.

M. DE TRÊNEUIL.

Ma bonne foi aurait-elle été surprise ?

Léonce, à M. de Trêneuil.

Cet homme vous a trahi après vous avoir trompé.

Albert , à part. Mon imbécile de Gribelet aura fait des siennes.

LÉONCE

M. le marquis pensera comme moi dès qu'il aura pris connaissance de cet écrit, où j'ai rassemblé tout ce qui peut éclairer sa conscience.

Albert, qui s'est placé entre Léonce et M. de Trêneuil, et prend le papier, gaiement.

La vôtre peut être égarée, Léonce.

m. de trêneuil, reprenant le papier dans les mains d'Albert. Donnez donc, Monsieur!

152 ISABELLE

Albert, gaiement à Léonce.

Vous êtes un misanthrope qui ne savez rien des choses de ce monde, n'est-il pas vrai, docteur?

DAMBLEVILLE.

Lui, au contraire !... il les sait très-bien.

Albert , toujours gaiement.

Qui vous mêlez de ce qui ne vous regarde pas.

DAMBLEVILLE.

Cela le regarde !... c'est mon ami... mon meilleur ami !...

albert , de même.

Vous n'avez pas la moindre idée de ce qu'on appelle des affaires.

DAMBLEVILLE.

Il les entend parfaitement. ( A part. ) Ce M. Albert me déplaît beaucoup.

LÉONCE

Quand M. Gribelet , pressé par mes questions et convaincu des dangers qu'il pouvait courir, m'eut nommé monsieur le marquis comme le chef de cette entreprise, alors. Monsieur, je suis venu à vous , persuadé que vous étiez trompé, car je sais qu'auprès d'un homme riche et considéré se trouvent parfois de ces gens habiles qui l'abusent en exploitant sa fortune et son nom!... maintenant, j'ai tout dit.

albert, avec colère, ne pouvant plus soutenir la gaieté contrainte qu'il a montrée jusque là.

Il peut y avoir un zèle plus suspect que leurs prétendues intrigues. Léonce, étonné.

Que dites- vous?

Isabelle , qui a été très-attentive à la scène et parfois étonnée et mécontente.

Qu'y a-t-il donc ?

DAMBLEVILLE, vivement.

Douter de monsieur Léonce !

la marquise, étonnée.

Pourquoi se fâcher ainsi ?

albert, se remettant, et d'un ton gracieux à la marquise. Oh ! pardon !... je n'ai pas été maître de moi en entendant attaquer M. le marquis...

M. de tréneuil, d'un ton très-froid à Albert. Mais où voyez-vous que cela puisse m' attaquer?

DAMBLEVILLE, à part.

Est-ce que M. le comte connaîtrait Gribelet ?

le chasseur, entrant par une porte latérale. Quelqu'un demande à parler à monsieur le marquis.

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