‹ Théâtre de Mme. AncelotChapitre 106 sur 350 · LÉONCE, ALBERT · texte numérisé non relu

LÉONCE, ALBERT

ALBERT

Que vous ai-je donc fait ?

LÉONCE

Comment ?

134 ISABELLE

ALBERT

Ne vous souvenez-vous plus de notre amitié...

LÉONCE

Elle a commencé de manière à ce que jamais je ne l'oublie...

ALBERT

Pourquoi donc chercher à me perdre dans l'esprit du marquis V

LÉONCE

Moi ! vous perdre ?

Un homme faible, qui n'a d'idées que celles qu'on lui donne, et dont vous venez de m'ôter la confiance...

LÉONCE

À vous ?

ALBERT

A moi , qui lui ai fait faire toutes ses entreprises à l'insu de la marquise, et quelquefois même malgré lui, qui d'abord ne s'en souciait pas.

LÉONCE

Oh ! ce n'est pas possible, Albert !

ALBERT

Il met ses fonds, moi mes idées, et nous partageons les bénéfices.

Léonce , douloureusement.

Est-il vrai ?

ALBERT

Mais rien n'est plus commun.

LÉONCE

Albert, répondez-moi! Au nom du ciel, la vérité !... Connaissezvous au juste tous les détails de cette affaire?

Albert , hésitant d'abord, et riant ensuite.

Comme vous voilà sévère et solennel!... Voyez-vous bien, mon ami, je ne prends pas comme vous au sérieux toutes les choses de la vie.

LÉONCE

Albert!

Albert , d'un ton gai et léger.

Rien n'est ennuyeux comme ces fortunes lentes et modestes qui suivent le travail et l'économie ; il faut une fortune rapide, soudaine. Léonce, s'animant.

Albert !

Albert, riant toujours.

Voulez-vous donc que j'épouse Isabelle quand j'aurai cinquante ans?

LÉONCE

Isabelle n'épousera jamais qu'un honnête homme.

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