ACTE I, SCENE III
ruines du château d'Avilie, d'où j'ai rapporté un chapiteau gothique. J'ai été aussi deux jours et demi absente pour remonter la Seine dans le bateau à vapeur jusqu'à une vallée dont je voulais prendre le croquis.
beauséjour , souriant.
Ainsi, sur six jours...
LA CHANOINESSE
Je ne me suis absentée que .. cinq... ah ! cinq et demi, c'est vrai.
ALBERT
Et Marguerite est restée seule ?
LA CHANOINESSE
Elle n'a jamais voulu venir avec moi ; rien ne l'amuse !... elle est triste cette jeune femme !... elle a quelque chose qui la chagrine. beauséjour , à part, en examinant Albert. Ah!...
ALBERT
Vous vous trompez.
LA CHANOINESSE
Non !... j'y pensais ce matin, et c'est pour cela que je suis revenue, car enfin, c'est moi qui ai fait ce mariage... J'aime à faire des mariages, mais j'entends qu'ils soient heureux ; et je veux savoir ce qui tourmente Marguerite! je le saurai... je vais l'interroger ici, à l'instant.
ALBERT
Quelle folie !
LA CHANOINESSE
Elle avait pleuré le jour où je suis arrivée.
Albert , avec quelque impatience.
Vous rêvez, ma tante!... Marguerite est calme; elle n'a pas votre activité , et vous prenez ses goûts paisibles pour de la tristesse.
LA CHANOINESSE
C'est ce que je saurai. (Elle va vers la porte de la chambre de Marguerite et appelle.) Marguerite !...
beauséjour , mystérieusement et en souriant. L'interroger ?... mais pensez donc qu'une nouvelle mariée et une chanoinesse...
la chanoinesse, haussant V épaule..
Allons donc, monsieur de Beauséjour h..
ALBERT
Laissez Marguerite à sa toilette, et venez avec nous, ma tante ; le déjeuner doit être servi.
LA CHANOINESSE
Mon neveu, Marguerite est ma nièce, je crois ? j'ai le droit de lui