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174 MARGUERITE
parler, et si vous cherchiez à m'en empêcher, je penserais qu'il y
a quelque secret important qu'on veut me cacher.
Albert, d'un ton calme, après avoir réprimé un mouvement d'impatience.
Mon Dieu!... parlez, interrogez !...
LA CHANOINESSE
A la bonne heure!... cette confiance me rassure !... d'ailleurs, je ne veux lui dire qu'un mot; j'espère qu'il me tranquillisera tout à fait. Et maintenant, Messieurs, le déjeuner vous attend... nous vous rejoindrons, Marguerite et moi... elle ne mange pas, et moi j'ai déjà déjeuné deux fois !... Allez donc !... à tout à l'heure !
Allons, Albert, il faut obéir.
( Il salue et emmène Albert, qui semblait vouloir rester : la voix de la chanoinesse les arrête à la porte du fond. ) LA CHANOINESSE.
A propos , mon neveu, je vous préviens que M. Forster arrive ce matin : il m'a fait demander la permission de me présenter quelqu'un qui désire me parler pour affaire importante, et vous pensez bien que je ne puis rien refuser...
BEAUSÉJOUR
A M. Forster !... cet admirable millionnaire américain à qui nous apprenons à donner des fêtes, et qui a la bonté d'éloigner ses amis pour inviter les nôtres!... oh ! il est le bien venu partout , n'est-ce pas, Albert ?
ALBERT
Sans doute !... sans doute.
LA CHANOINESSE
J'y comptais!... A revoir donc, Messieurs.
( Ils saluent et sortent. )