ACTE II, SCENE III
vissiez, ainsi que mon neveu, sans les connaître et sans être connu ; vous vous seriez tous jugés sans prévention; chacun y eût gagné, j'en suis sûre.
BONNARD
Ma nièce est ici, Madame ! Je puis la voir aujourd'hui , à l'instant ?... cela m'a tout troublé !.... ah ! qu'il soit fait comme vous le souhaiterez ; je me livre aveuglément à vous, je reste , je...
LA CHA^OINESSE.
Eh bien, je crois que vous êtes un brave homme, monsieur Bonnard, quoique vous ayez des préventions injustes... Enfin, nous les détruirons, j'espère, si vous voulez seulement pendant vingt-quatre heures regarder ce qui se passe autour de vous avec l'idée d'être
juste pour tout le monde. Moi, je vous annoncerai ici comme
comme un amateur de curiosités , venu pour en causer avec moi , qui suis folle des choses bizarres.
Va pour l'amateur de curiosités moi qui cherche un bon ménage.
LA CHANOINESSE
C'est convenu ! (Elle fait un pas et revient. ) Mais n'auriez-
vous pas, en effet, quelques objets rares, recueillis dans vos voyages?...,, quelques morceaux des rochers des Cordilières ?..«>. quelques fleurs des bords de l'Ohio , ou quelques magots de la Chine?
BONNARD
Ma foi, non !... J'avoue que je n'ai pensé à rapporter de l'étranger qu'un peu d'expérience et beaucoup d'argent.
LA CHANOINESSE
C'était bien la peine d'aller si loin !..... Enfin, cela n'empêchera pas nos projets !... Attendez un moment; mais du calme en voyant votre nièce , et pas de préventions contre mon neveu !..... c'est un charmant jeune homme !.. .
(Elle sort par la porte de droite.)