ACTE I, SCENE VIlï. r
DE SITRY.
Malade, et convaincue qu'elle ne survivrait pas à ses souffrances, sa tendresse de mère s'étendit sur le moment où elle ne serait plus là !.... sa dernière pensée fut pour son enfant, car je trouvai dans son secrétaire ce papier cacheté qui porte ces mots, écrits d'une main mourante : « A ma fille ! » (lia tiré le papier de sa poche. ) Voilà pourquoi j'avais choisi le jour de ta naissance pour fixer ton sort ! je souhaitais que tout le rendît solennel et imposant pour toi !.... que ce jour-là, ta mère me vît, du haut du ciel, assurer ton bonheur, et qu'elle nous bénît tous deux.
MARIE
Cet espoir n'est pas perdu, mon père.
DE SIVRY
La fortune...
J'y renonce sans peine. Et... s'il fallait?...
Quoi donc, mon père?...
Renoncer... à Charles?...
MARIE
Oh!-... cela... c'est impossible!...
DE SIVRY
Il t'en coûterait beaucoup?...
MARIE
Rien!... que ma vie !...
DE SIVRY
La vie !... ah!... (A part.) Comme elle l'aime!... je ne parlerai pas!... non!... je ne puis pas parler!...
marie, inquiète et troublée.
Mon père !...
DE SIYRY.
Tiens, mon enfant , prends ce papier : le moment est venu où tu dois le lire ; je ne sais pas, moi, ce que te demandait ta pauvre mère!... Adieu, ma fille!...
( Il lui remet le papier cacheté et sort par la porte de gauche. )