ALBERT , BONNARD , MARGUERITE
BONNARD , au fond.
Une femme en pleurs !
(Il s'arrête et n'est pas vu.)
MARGUERITE
Ah î la pauvre Marguerite alors n'aurait plus personne sur la terre.
bonnard , s'avançant.
Mais, parbleu si, vous auriez quelqu'un, car je suis là !
(Mouvement d'Albert et de Marguerite.) marguerite , étonnée.
Que dites-vous, Monsieur ?
BONNARD
Oui ! vous avez en moi un protecteur, un ami dévoué à Marguerite de Senneville.
MARGUERITE
Vous savez mon nom ?
Qui êtes-vous donc, Monsieur ?
BONNARD
Qui je suis ? eh ! qu'importe ?... je trouve ici une charmante personne toute en larmes... moi, Monsieur, je ne peux pas voir le malheur sans le secourir et le chagrin sans le consoler... et parce que les yeux sont beaux, ce n'est pas une raison pour les laisser pleurer!... au contraire. {Il s'avance vers Marguerite.) Je viens ici pour vous.
MARGUERITE
Pour moi ?
BONNARD
Oui, pour vous... Marguerite de Senneville, n'est-ce pas?
MARGUERITE
Sans doute !
bonnard , à lui-même.
(Test mon cœur qui la devine, et celui-là ne peut pas se tromper. {A Marguerite , toujours un peu de côté pendant qu'Albert les examine.) Votre mariage fut-il volontaire ?
MARGUERITE
Oh î oui.
BONNARD
Mais déjà le chagrin l'a troublé ?