‹ Théâtre de Mme. AncelotChapitre 177 sur 350 · ACTE lîï, SCENE I. 2Î · texte numérisé non relu

ACTE lîï, SCENE I. 2Î

la chanoinesse , de loin.

Une femme se compromet en vous permettant de venir près d'elle.

beauséjour , bas à Forster.

Avant un quart d'heure, elles auront toutes trois quitté leur place pour se rendre à mes côtés.

forster , haut et très-grave.

Oh ! oh !... je parie cent louis que cela ne sera pas.

BEAUSÉJOUR

Je tiens !... et je ne demande même que cinq minutes.

FORSTER

Alors, je parie deux cents louis.

beauséjour , lui serrant la main.

Merci !

la chanoinesse , aux femmes.

Quel est donc ce pari que monsieur est si sûr de gagner ?

beauséjour , très-haut.

Oui, mon cher monsieur Forster, toutes les choses rares qui sont sur cette table, tout ce que vous avez apporté d'Amérique, en y comprenant vos millions, ne vaut pas ce que j'ai dans ma poche.

FORSTER

Bah!..,

BEAUSÉJOUR

M. du Sommerard n'a rien de pareil dans sa collection, et la marquise de Montade prétend qu'elle se brouillera avec moi, si je ne le lui donne pas pour la sienne.

LA CHANOINESSE

Qu'est-ce que cela peut être ?

(Beauséjour prend dans sa poche un petit portefeuille, en tire un papier plié en quatre, l'ouvre et montre une mèche de cheveux.)

FORSTER

Une mèche de cheveux !

LA CHANOINESSE

De qui donc ?

(Elle s'avance un peu et cherche à voir.)

BEAUSÉJOUR

Une mèche de cheveux d'un des Templiers brûlés sous Philippele-Bel !... authentique !... Regardez plutôt!... puis voilà un papier qui le prouverait, si cela pouvait avoir besoin de preuves ! la chanoinesse, s* approchant .

Monsieur de Beauséjour, apporter ici pareille chose est bien obligeant !

forster , la voyant s'approcher.

Oh !...

beauséjour , à part.

Et d'une !...

la chanoinesse , regardant les cheveux.

Comme ils sont conservés!... on ne dirait pas qu'ils datent de si loin !...

beauséjour, à part.

Je le crois bien! [lia abandonné la mèche à la Chanoinesse qui V examine : il tire la Mode de sa poche.) Voilà le dernier numéro de la Mode!... La gravure est justement la toilette qu'avait hier soir madame de Léville, et qui a tant fait parler quand elle a été sortie de chez madame de Belmare.

amélie , qui s'est levée au nom de madame de Léville, et qui

accourt.

Elle a parfois des toilettes si bizarres ! voyons donc !

FORSTER

Oh !...

beauséjour , à part.

Et de deux I (Il laisse la Mode entre les mains d'Amélie et tire un autre journal de sa poche.) Ah ! ce journal est pour Albert qui veut savoir où Ton souscrit pour les incendiés de la Creuze !... Ce diable d'Albert, je ne sais pas comment il fait, il a toujours de l'argent pour tous les malheureux ! [Marguerite s'est levée au nom d'Albert, et elle s'approche à mesure que Beauséjour en parle.) Il n'y en a guère comme lui!... ordinairement, ceux qui sont généreux n'ont pas d'argent, et ceux qui ont de l'argent ne sont pas généreux !... Mais Albert ! oh ! c'est un homme à part !... je ne connais personne de meilleur et de plus parfait au monde ! marguerite , arrivée tout près de Beauséjour et s'appuyant sur le dossier de son fauteuil.

N'est-ce pas ?

FORSTER

Oh !...

| beauséjour , à part.

Et de trois ! (Haut en se levant.) Vous étiez là, Madame? (Il rit.) Eh bien ! monsieur Forster ?...

FORSTER

Vous avez gagné 1...

^11 prend gravement dans sa poche un paquet de bank-notes.) LA CHANOINESSE.

Comment ?... qu'a donc gagné M. de Beauséjour ?

FORSTER

Le pari qu'il avait fait qu'après l'avoir repoussé quand il allait près de vous, Mesdames, vous arriveriez toutes trois près de lui !

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