‹ Théâtre de Mme. AncelotChapitre 227 sur 350 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

DUVERNAY, dans le fond, écrivant ; LE BARON, RAMBERT.

le baron, sans voir Duvernay , à Rambert. La réplique a été vive.

rambert , de même.

Maître Bénard est un homme de talent.

duvernay , à part.

Ils parlent du procès... laissons-les, et écrivons.

LE BARON

Il plaide bien !... s'il gagnait?

RAMBERT

J'ai des raisons victorieuses à opposer aux siennes, et tout à l'heure mes réponses confondront ses arguments.

LE BARON

La loi est pour moi... pour mes droits paternels.

Sans doute.

LE BARON

Cette fille pauvre, mademoiselle Camille Rinval a voulu devenir riche ; bourgeoise, elle a voulu devenir noble... c'était un projet arrêté d'avance... j'en suis sûr... On loue une petite maison tout près de ma terre de Châteauneuf... on ne voit personne que mon fils, et il y a tant de facilité pour s'emparer de l'esprit d'un homme qui n'a pas vingt ans, et qui est amoureux pour la première fois !

RAMBERT

Je comprens toutes vos inquiétudes... mais permettez... (11 a l'air de regarder autour de lui et de vouloir quitter ou interrompre le baron, qui, tout à son affaire, ne lui laisse pas le temps.) le baron, r interrompant.

Notre fortune, jadis immense... dérangée par les révolutions, ne s'est un peu relevée de sa ruine que par trente ans d'économie. J'ai vécu de privations, loin de Paris, pour racheter petit à petit l'héritage de nos aïeux qui porte leur nom... et j'ai conclu pour ce fils un mariage qui doit redonner à notre famille son illustration et sa richesse.

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