MATHILDE, LAURENCE, JULES, MÉLOÉ
jules, saluant.
Oui... c'est Georges qui ne veut pas entrer.
méloé, rangeant son chevalet au fond.
Quel bruit, Jules !
JULES
J'ai su qu'il y avait ici deux jolies demoiselles; avec vous, ma cousine, cela fait trois, et je suis venu... mais Georges n'ose pas
300 GEORGES
venir, lui !.., Ces dames ne savent peut-être pas ce que c'est que Georges?... c'est mon ami d'abord,., un bon jeune homme, qui a autant de vertus dans le cœur ;que j'ai de folies dans la tête... ce n'est pas peu dire. Il donne aux pauvres tout ce qu'il a, m'apprend tout ce qu'il sait, me fait de la morale tous les matins, compose des vers délicieux tous les soirs, et écrit, toutes les nuits, un livre superbe, intitulé l'Avenir du monde , avec lequel il n'y aura plus personne de malheureux sur la terre ! Voilà ce que c'est que mon ami Georges !
(Elles rient.)
MÉLOÉ
Mais vous qui annoncez vos amis, Jules, il faut bien, mon étourdi, que je vous présente à ces demoiselles. (Se tournant vers Laurence et Mathilde. ) C'est mon cousin et mon élève ; je dois mon éducation à sa mère, et...
jules, l'interrompant y d'un ton très-gai et un peu moqueur.
Et c'est pour cela que ma cousine m'a élevé à la dignité de rapin de son atelier... une très-jolie position sociale... comme dit Georges... Il avait bien aussi grande envie que moi de venir... seulement il disait que c'était trop tôt : est-ce qu'il est jamais trop tôt pour s'amuser?... mais le voici î... (A Georges , qui s'est arrêté à la porte. ) Entrez donc !