‹ Théâtre de Mme. AncelotChapitre 282 sur 350 · ACTE II, SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VII

cours étrangères. .. d'étudier de près la marche des gouvernements. .. tout cela dans l'intérêt des peuples !... C'est en Russie que je veux aller.

PICARDIN.

Pourquoi pas à Constantinople ?

GEORGES

N'est-il rien arrivé de Madrid?...

PICARDIN.

Non, monsieur le duc.

GEORGES

Il me semble qu'on tarde à m'envoyer le grand cordon qui m'a été promis ! et pour aller dans une cour étrangère , c'est indispensable. Je vous emmènerai, Picard in... Oui... vous viendrez avec moi, et vous aurez de gros appointements.

picardin , triomphant.

Que de bonté !

Sur le budget de l'ambassade.

PICARDIN.

Ah !... que c'est généreux !

GEORGES

Je laisserai Laurence à Paris... quelque temps du moins Oh !

je ne suis pas jaloux !... elle ne m'a pas vu comme ces maris inquiets, qui épient et veulent régler jusqu'aux plus secrets mouvements du cœur de leurs femmes... qui se tourmentent de la moindre démarche Laurence est donc venue ici, dans mon cabinet,

pendant mon absence ?

PICARDIN.

Oui... elle m'a interrogé avant de sortir.

GEORGES

Ah !... Où peut-elle être allée?

PICARDIN.

Je l'ignore.

GEORGES

Qu'importe? elle est libre î Il y a des maris qui font à leurs

femmes des devoirs qu'ils sont loin de remplir eux-mêmes qui

vont cherchant, s'inquiétant, et qui souvent trouvent plus qu'ils ne cherchent. (En disant cela, il a touché le livre qui est sur la cheminée.) Qu'est-ce que ce livre ?

PICAIÎDIN.

Un volume renvoyé à madame la duchesse par monsieur son cousin.

Ah î ce fat... si impertinent !

530 GEORGES

PICARDÏN.

Joseph a posé là ce livre...

Georges , qui Va ouvert et qui lit le titre. Poésies de Vâme. (Il sourit.) On fait donc toujours des vers?... à quoi bon?... personne n'en lit, cela ne sert à rien. ( En feuilletant le livre, il fait tomber un papier.) Ah ! un billet!... picardin, à part.

Diable !... j'ai peur que ceci ne serve à quelque cbose.

Georges , ramassant le papier.

Un envoi sans doute?... ( Il lit à demi-voix.) « Le temps est suce perbe , la séance finira tard ; ne vous promenez-vous pas au bois « aujourd'hui? » (Avec agitation et colère comprimée.) Encore une impertinence de ce fat! et l'étourderie de Laurence autorise...

PICARDIN.

Mais, monsieur le duc...

georges, sonnant.

Laissez-moi , Picardin. ( Picardin sort, le Domestique entre. ) Madame est-elle rentrée ?

LE DOMESTIQUE

Non, monsieur le duc...

GEORGES

Dès qu'elle rentrera, je l'attends ici, je veux lui parler.

LE DOMESTIQUE

On préviendra madame la duchesse... Mais il y a là un étranger qui vient pour la troisième fois, et qui insiste pour entrer.

Allons, qu'il entre... que je me débarrasse de cet importun! (A lui-même.) Ce billet !... oh ! madame la duchesse...

(Il froisse le billet avec colère. Le domestique reparaît au fond et introduit le prince Benati, qui est dans un costume pauvre, et qui va vers le duc avec une contenance timide. Le domestique s'est retiré.)

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