LE PRINCE , GEORGES , MATHILDE , PICARDIN
Georges , à part.
Dieu !
LE prince.
Que vois-je ?
mathilde, à Georges.
J'attendais là que vous fussiez seul.
le prince, très-gracieux.
C'était nous enlever un bonheur, Georges, c'est elle... Je reconnais encore là toute la générosité de votre àme. mathilde, à part. Que dit-il?
LE PRINCE
Bien , mon ami !... Et à vous mon compliment , madame!
picardin , à part.
Il la prend pour sa femme !
le prince , à Mathilde.
Vous avez oublié sans doute le pauvre étranger?... Ce n'est pas étonnant : le bonheur, la fortune... mais, je le jure, il eût été capa-* ble de faire pour vous tout ce qu'a fait son ami. picardin, à part.
Qu'est-ce qu'il dit , mon Dieu? qu'est-ce qu'il dit?
336 GEORGES
Georges, bas à Mathilde.
Pourquoi venir ici ?
mathilde , bas à Georges.
Pourquoi ne venez-vous plus ?
LE PRINCE
Encore plus jolie et plus belle dans ce rang élevé où nos respects seuls doivent vous chercher !
picardin , à part.
L'Italien s'enferre dans ses compliments !
mathilde, avec embarras.
Monsieur...
le prince , à Georges , riant.
Ah ! il y avait peut-être un peu de jalousie dans vos bons conseils. . . j'en eus l'idée; mais vous aviez raison, vous étiez libre, vous, et comme vous le disiez , ce n'était pas un hommage dont elle pût rougir qu'il fallait offrir à cette jeune personne si innocente et si pure... Voyez comme je me souviens, même de vos expressions! Georges , à part.
Quel supplice !
picardin , à part.
Ce diable d'homme a une mémoire impitoyable !
LE PRINCE
Ainsi, quand l'opulence est venue, ce nom , ce rang, l'éclat qui l'environne, servirent à récompenser la vertu ? mathilde , bas à Georges.
Emmenez-le d'ici... ses paroles me tuent!
GEORGES
Que dire ?
picardin, à part.
Comment les tirer de là?... Je ne trouve rien !... (On entend dans la coulisse au fond Laurence s'écrier : Viens, viens!)