SCENE IV
emma, à pari.
J'étais sûre qu'en lui fermant ma porte j'avais fait une sottise,
arthur, d'un ton caressant.
Et l'on ne daigne pas me répondre!
(Les deux femmes échangent des regards. Enfin Lady Nelmoor prend son parti, elle se lève. Emma se lève aussi.)
lady nelmoor , d'un ton froid.
Lors même , Monsieur , qu'on aurait été sévère à votre égard , il est peu généreux à vous d'abuser de la situation où se trouve une femme seule à la campagne avec une amie. Que penserait-on de votre séjour ici ? Ce serait les compromettre toutes deux que d'y rester plus longtemps ; mais demain nous retournons à Paris. Bientôt le mari d'Emma sera de retour.
ARTHUR
Ah!
LADY NELMOOR.
Et M. de Normont aura reçu ma main.
arthur , riant.
Votre main ! Normont ! cela n'est pas possible !
lady nelmoor , après avoir jeté sur lui des regards d'étonnement.
Si ces messieurs veulent vous voir chez eux , nous n'y mettrons point d'obstacle, et vous , Monsieur, comme tout autre , vous pourrez vous y présenter.
Alors ! oh ! non ! ce n'est pas ainsi ! je voudrais auparavant !...
lady nelmoor , V arrêtant du regard.
Monsieur le comte !
emma , à part.
Adine a vraiment très-bien parlé ; après cela, je n'ai plus rien à dire.
ARTHUR
Eh quoi ! refuser obstinément de m'expliquer pour quel motif je suis consigné !
LADY NELMOOR.
Monsieur, insister davantage ne serait pas digne de votre politesse. Je vous recevrai plus tard, sous les auspices de M. de Normont.
ARTHUR
Allons, je vois qu'il faut me retirer ; en m'éloignant du moins, j'emporte le sentiment de mon innocence, et il me sera moins difficile de pardonner votre injustice que de l'oublier. Daignez, Mesdames, agréer l'hommage de mon respect.
(Il sort.)