SCENE VI
M. DE VERPY.
Eh bien, Adine, vous avez Pair tout étonné ?
LADY NELMOOR.
J'avoue. . . que. . . cet accident. . .
M. DE NORMONT.
Ce ne sera rien, j'ai une recette excellente pour les foulures.
ARTHUR
Oh ! mon ami, combien je te serai obligé !
LADY NELMOOR, à part.
Il se moque de lui, c'est sûr.
M. DE VERPY.
Mais je ne vous comprends pas , ma nièce! vous ne dites rien, vous êtes là...
LADY NELMOOR.
Pardon, mon oncle! pardon ! c'est qu'en vérité j'ai été troublée... Je m'attendais si peu... Mais je vais envoyer chercher un médecin.
M. DE NORMONT.
J'ai pris ce soin, Madame, en entrant ici, car j'ai pensé que vous permettriez... J'ai aussi à m'excuser d'être venu sans votre autorisation ; mais votre amie...
EMMA
J'ai déjà obtenu le pardon pour vous et pour moi.
M. DE YERPY.
Et M. de Normont est venu me chercher, pensant que ma présence rendrait sa visite plus convenable.
ARTHUR
Ce cher Normont, comme il songe à tout! Un autre, un étourdi comme moi, eût été si empressé, que l'idée ne lui serait pas venue de se choisir un témoin ! à mon dernier duel , moi, je l'oubliais I Jugez donc si pour une tendre entrevue...
M. de normont, d'un air satisfait de lui-même.
C'est que toi, Arthur, ou moi, c'est un peu différent.
ARTHUR
Oh! je te rends justice ! Aujourd'hui, par exemple, à ma place, tu n'aurais pas eu le pied démis comme moi. M. de normont, riant.
Certainement non.
M. DE VERPY.
Ah çà , ma nièce, savez-vous que nous avons fait huit lieues.. . et que...
lady nelmoor, sonnant.
Ah 1 mon oncle, veuillez m'excuser. (A un domestique qui entre.) Qu'on prépare à déjeuner pour ces messieurs.
(Le domestique sort.) ôi
ARTHUR
Oui, ces messieurs, après un voyage, ont besoin de réparer leurs forces ; moi, pauvre blessé, je resterai ici pendant ce temps. (Ici M. de Verpy commence à examiner Arthur.) m. de verpy, à part.
Ah!... rester !....
emma, à part.
C'est cela, il espère n'être pas seul.
LADY NELMOOR, à part.
Je comprends ! il veut parler à Emma.
M. DE NORMONT.
Mais, Arthur, tu dérangerais ces dames, à qui vraiment j'ai bien des excuses à faire pour tout l'embarras que je leur donne avec ta blessure.
Laisse donc, laisse donc ! c'est moi que cela regarde, et je veux être chargé tout seul de la reconnaissance.
M. DE N0RM0NT.
Non pas, c'est pour moi que madame veut bien te recevoir. ( A lady Nelmoor.) N'est-il pas vrai?
lady nelmoor, avec un peu d'impatience.
Pour vous si vous le voulez.
M. DE NORMONT.
J'ai bien l'honneur de vous remercier. (A Arthur.) Tranquillisetoi donc, et sois ici comme chez toi.
ARTHUR
C'est là tout ce que je voudrais. ( A demi-voix. ) Ah ! si je pouvais lui parler seul !
M. de yerpy, examinant le visage de tout le monde, à part.
Diable, diable... ( Haut. ) La blessure de monsieur me rappelle qu'en 1805 j'étais comme lui lieutenant-colonel...
ARTHUR
Et vous fûtes blessé à l'armée en défendant la patrie ! M. de yerpy, le regardant avec intention. Non pas; mais un jour je lis semblant de l'être pour avoir accès dans une maison dont l'entrée m'était interdite.
ARTHUR
Ah!
LADY NELMOOR, à part.
Il a des soupçons.
emma, à part.
Le cher oncle devine.
m. de normont, à de Verpy en souriant. Quelque amourette !,.. ah ! vous avez été un peu...