‹ Théâtre de Mme. AncelotChapitre 308 sur 350 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

LADY NELMOOR, M. DE VERPY.

Ma chère nièce, une petite explication, s'il vous plaît.

LADY NELMOOR.

Tant que vous voudrez, mon oncle.

M. DE VERPY.

Vous connaissez mon expérience, c'est une vertu qui coûte assez cher en général pour qu'on n'en dédaigne pas l'usage ; la mienne me sert donc à éventer une embuscade et à deviner les manœuvres d'un ennemi. Je suis comme ces vieux soldats qui ont encore du plaisir à aider de leurs conseils ceux qu'ils ont le regret de ne plus pouvoir suivre dans les combats.

LADY NELMOOR.

Je ne vous comprends pas, mon oncle.

M. DE VERPY.

Patience !... voici mes observations : au moment de vous remarier, vous fuyez brusquement Paris, et vous venez vous enfermer dans ce château, c'est peu naturel ; votre futur vient vous y surprendre, c'est bien imprudent; il se trouve des blessés sur la route, c'est fort extraordinaire. Voyons, avec qui la guerre est-elle déclarée ? où est l'ennemi, quels sont les alliés... et qui est-ce qu'on veut attraper ?

lady nelmoor, d'un ton sévère.

Personne, mon oncle ; je suis libre, et mes actions , dictées par ma volonté, le sont d'abord par la raison; jamais je n'épouserai un étourdi, ce n'est pas moi qui pardonnerais à des folies : j'ai eu trop à en souffrir ; si l'on eût mieux dirigé ma jeunesse, on m'eût épargné les chagrins que m'a causés le caractère léger de lord Nelmoor, et ce n'est qu'au plus raisonnable des hommes que je veux confier ie bonheur de mon avenir.

M. DE VERPY.

Vrai? c'est bien vrai?... alors, je n'y comprends plus rien, et je ne sais que penser de tout ce qui se passe ici ! Mais on vient...

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