SCÈNE IX
Lady NELMOOR , puis ARTHUR.
lady nelmoor , seule un instant.
Oui, mon cœur est paisible ; peut-être pourrait-il y avoir un peu plus de tendresse pour l'homme à qui je vais m'unir; mais ce n'est pas ma faute, on ne règle pas les mouvements de son âme, on n'y met pas ce qu'on veut, on y prend ce qu'on y trouve, et je n'y trouve pas d'amour pour M. de Normont; mais cela vaut mieux, beaucoup mieux.
(En ce moment Arthur grimpe en dehors de la fenêtre qui est restée entr'ouverte ; il la pousse et saule dans la chambre.)
LADY NELMOOR.
Ciel!
Enfin.
Est-il possible ?
M'y voici donc !
ARTHUR
LADY NELMOOR.
LADY NELMOOR.
Que vois-je par cette fenêtre ? vous, Monsieur, quand votre blessure...
ARTHUR
Ah ! cette blessure, vous n'en avez pas été dupe.
LADY NELMOOR.
Mais que voulez-vous ?
ARTHUR
Vous voir, vous parler seul un instant... Qu'il m'a fallu de peines pour arriver là !.. mais eussé-je dû risquer dix fois ma vie, j'y serais parvenu.
lady nelmoor, reculant.
Oh ! laissez-moi.
ARTHUR
Vous ne me fuirez pas, vous ne vous éloignerez pas ; songez, Madame, que depuis un mois je vous cherche, je vous poursuis partout pour saisir ce moment, pour obtenir une explication nécessaire à mon bonheur, au vôtre peut-être.
LADY NELMOOR.
Monsieur...
ARTHUR
Vous êtes la seule femme que j'aie aimée.
LADY NELMOOR.
Si je le demandais à Emma ?
Si j'ai offert à elle ou à d'autres cet hommage qu'un jeune homme ne peut refuser à la beauté, c'est qu'alors je ne vous connaissais pas... mais quand j'eus entendu votre voix si douce, vos paroles dont la grâce et le charme m'ont seuls révélé ce que la raison peut ajouter à l'esprit, ce que la bonté peut prendre d'empire sur le cœur, j'ai senti que c'était vous, Madame, que je devais aimer.
LADY NELMOOR.
M'ai mer, moi si grave, si sérieuse...
ARTHUR
Justement; ne me fallait-il pas dans l'objet de mon choix, de la raison pour deux ?