SCÈNE XV
les mêmes, GOMBAUD , accourant.
GOMBAUD
Nous sommes sauvés !... Un ami de madame, M. le premier président au parlement de Paris , dont j'ai reconnu la voiture sur la grande route, vient au secours de madame la présidente.
MADAME DE SURGIS
Qu'en tends-je?...
(Etonneraient général ) la présidente, riant.
C'est bon !... Il soupera avec nous... si ma nièce le permet.
gombaud, stupéfait.
(Il sort) madame de surgis, passant près de la présidente tandis que le chevalier et mademoiselle de Lussan vont prendre la gauche de Facteur.
Quoi! c'est ma tante!...
TOUS
Sa tante!
la présidente, riant.
Et pour achever de me faire reconnaître, je dote ma nièce et je répare les folies qui ont dérangé sa fortune ! Monsieur de Lussan , comme vous allez devenir mon neveu, vous me permettrez de doter aussi votre sœur et de la marier au chevalier, quoique notre connaissance ne date que de ce matin.
le chevalier, à mademoiselle de Lussan.
Vous voyez que je ne mentais pas.
MADAME DE SURGIS
Ma tante !... ma grand' tante... comment cela peut-il être ? il y a plus de vingt ans que vous êtes mariée !
LA PRÉSIDENTE
J'avais dix ans , j'étais orpheline , riche héritière : un jour, on m'amena du couvent au milieu d'une grande assemblée, on me dit de signer quelque chose, et, quand cela fut fait, on m'appela madame la présidente. Puis on me montra un monsieur à visage sévère, qui n'avait jamais ri ; on me dit qu'il était estimé de tous depuis cinquante ans, qu'il se nommait M de la Morinière, et que j'étais sa femme; moi, enfant, j'eus peur!... voilà mon mariage ! Je