ACTE II, SCENE XII
FORESTIER
Qu'en est-il besoin ? Si tout à l'heure j'ai rappelé le passé, si j'ai montré de la défiance, pardonnez-le-moi ! quelquefois je suis chagriné de ne pas vous plaire... puis, cet éloignement que vous sembliez me témoigner m'a entraîné peut-être dans des démarches, dans des torts...
MARIE
Monsieur...
Je vous le répète, pardonnez-moi! En ménage, quand on s'aime, la femme est sûre de n'être pas malheureuse et le mari de n'être pas ridicule ! c'est beaucoup.
MARIE
Hélas!
FORESTIER
Moi, je ne sais que le positif de la vie : je suis ignorant de toutes ces petites susceptibilités du cœur d'une femme ; je vous aurai affligée, troublée, avec mes soupçons? eh bien! voyez comme je vous aime et vous estime!... vous allez rester seule à Paris pendant des mois entiers !
MARIF.
Moi!.., rester seule!...
FORESTIER
Sans doute ! Je vous laisse avec regret, mais sans crainte. Et maintenant... permettez : vous aviez quelque chose à me dire... et vous ne dites rien?... il faut pourtant parler.
MARIE
Non ! il faut se taire.
FORESTIER
Comment ?
MARIE
Si un désir insensé... mais non, je ne dois point parler, je ne parlerai pas.
forestier , à part.
Que me cache-t-elle ?