SCÈNE VIII
ISABELLE, ALBERT, madame de COURTENAY, LA MARQUISE, LÉONCE.
madame de courtenay, entrant troublée par la porte de gauche.
Ah ! je ne croyais pas trouver ici autant de monde, je pensais que madame la marquise était seule avec Isabelle ; et sa lettre que je viens de recevoir...
Intéresse plus d'une personne ici, et la réponse favorable fera plus d'un heureux.
MADAME DE COURTENAY
Mais cette réponse, il m'est impossible de la faire devant M. de Montigny, car elle ne peut être qu'un refus; ce mariage est impossible !
la marquise, étonnée.
Impossible !
ALBERT
Pourquoi donc ?
ISABELLE
0 ciel î
MADAME DE COURTENAY
Quoique la demande de M. le comte soit honorable pour mademoiselle de Mon ville ; que ce mariage soit tout à fait convenable, comme un autre projet, comme un autre parti s'est présenté déjà... Léonce , vivement et s'avançant entre la marquise et madame de Courtenay.
Un autre, ma mère ! Mais vous ne savez donc pas qu'Albert l'aime ?
madame de courtenay, attachant ses regards sur Léonce. Cet autre l'aime aussi et depuis plus longtemps.
Léonce, avec une hésitation douloureuse.
Mais elle ne l'aime point. (D'une voix plus ferme.) Albert seul est aimé.
MADAME DE COURTENAY
Isabelle d'ailleurs n'a pas la fortune qui conviendrait à monsieur, tout au plus sept ou huit mille livres de rentes.
léonce, d'une voix ferme et calme.
Vous vous trompez, ma mère, elle en a quinze ; son tuteur est mon ami , et je suis sûr de ce que j'avance.
madame de courtenay, le regardant avec surprise. Ah! mais mon consentement est nécessaire, et je le refuse.
118 ISABELLE
Léonce , regardant Isabelle qui pleure, puis prenant la main de samère, et d'une voix ferme.
Vous l'accorderez, ma mère ; moi, je vous le demande pour Albert , qui me sauva la vie, et sans qui vous n'auriez plus de fils.
MADAME DE COURTENAY
Quoi ! je verrais là, sous mes yeux, cette union qui me désespère! non, non, je le répète, c'est impossible.