SCÈNE PREMIÈRE
NANNI, seule; belle jeune fille, costume pauvre et propre, jupe rayée,
tablier noir.
Voyons I ai-je pensé à tout? au vin muscat, aux gâteaux... aux fruits ?... Oui, le souper ira assez bien, et M. Pérégrinus sera content. Puis il est si doux ! il est le contraire de son aiÆfc M. Max, qui critique toujours ! Mais j'aimerais bien le voir rentrer, M. Tvss I Je n’aime guère à être seule le soir, moi I Ce n’est pas que j’aie peur; mais celte vieille maison... avec tout ce qu’on dit, les bruits qu’on y entend... et la veille
LA NUIT DE NOËL
de Noël... Et ce mauvais temps! Comme la lune est verte! et comme les nuages sont noirs ! Pourvu que le nouveau domestique soit en bas !... (Allant au fond.) Fritz ! ôtes-vous là ? — Je crois qu’il m’a répondu. Je n’en suis pas sûre, mais je suis si sotte... Je n’ose pas descendre! Bah ! où serait-il, puisque je lui ai dit d’attendre la rentrée de son maître? Je vais voir làhaut si on n’a pas besoin de moi chez nous. (Approchant de l’escalier.) Par là, c’est le plus court... Ah bien, oui; mais il faut passer devant la chambre fermée, la chambre qui fait peur... Oh ! certainement, je ne crois pas à tout cela ; mais j’aime autant prendre par le grand escalier. (Elle sort par le fond.)