SCÈNE III
PÉRÉGRINUS, NANNI, MAX.
MAX, tenant une noix qu’il examine. — Il a sa serviette pendue, par distraction, à sa boutonnièro.
Tu disais donc qu’il était plus difficile de faire une montre que de casser une noix; et moi, je te disais que l’un est aussi simple que l’autre ; je vais te le démontrer.
PÉRÉGRINUS.
Non, non, merci! j’aime autant te donner raison.
MAX
Ah! la paresse ! Ton cerveau ne peut plus faire le moindre effort d’attention ! Quand je te le disais, que tu deviendrais...
THEATRE DE XOHAN
PÉRÉGRINUS.
Oui, colimaçon, chauve-souris, tout ce que tu voudras! (Max s’est assis et lit dans le Traité de mécanique, qui est sur l’établi.) N AN NI, bas, à Pérégrinus.
Ne lui répondez pas, ou il se tiendra là deux heures I
Vous avez raison. Je vais faire semblant de me retirer. (Haut.) Bonsoir, Max; bonne nuit!
MAX
Ah ! tu te couches à neuf heures à présent?
PÉRÉGRINUS. *
C’est ma coutume, tu le sais bien.
MAX
Soit ! Bonsoir... Tu te lèves matin?
PÉRÉGRINUS.
De grand matin.
MAX, railleur, tenant toujours son livre,
A minuit peut-être ?
PÉRÉGRINUS.
Pourquoi me dis-tu cela ?
MAX
Bien, bien ! je ne dis rien ; bonsoir.
NANNI, bas, à Pcrégrinus.
Allez ! allez ! Quand il sera monté, j’enverrai Fritz vous avertir. Il ne faut pas renoncer à fêter la Noël ; je m’en charge, moi !
PÉRÉGRINUS, ému et timide, bas.
Ah ! vraiment! vous,... vous êtes...? (a part, en sortant.) Elle est un ange pour moi, cette demoiselle 1