‹ Théâtre de NohantChapitre 136 sur 208 · LA NUIT DE NOËL PÉRÉGRINUS · texte numérisé non relu

LA NUIT DE NOËL PÉRÉGRINUS

NANNI, récitant.

Ami Noël, tu viens nous voir Avec des présents...

PÉRÉGRINUS.

Eh! mon Dieu, c’est le même compliment que je lui disais la dernière fois...

NANNI.

Oui, c’est vous qui l’aviez composé. (Récitant.)

Ami Noël, tu viens nous voir Avec des présents pleins d’espoir.

Pour nous, Noël est un beau soir.

Pardonne-nous nos maladresses...

Vous riez ?

PÉRÉGRINUS.

De ma poésie, oui.

NANNI.

Mais, moi, je trouve cela très-bien, pour un petit enfant que vous étiez alors. (Récitant.)

Pardonne-nous nos maladresses;

Nous te faisons bien enrager,

Et souvent l'on t'entend gronder;

Mais c’est ta manière d’aimer,

Et nous connaissons ta tendresse.

Ah! tenez, minuit sonne, notre compliment est dit, notre arbre est bien brillant, la bûche brille et chante. Je vais vous laisser finir votre veillée, comme c’est convenu.

PÉRÉGRINUS, chagrin.

Ah I déjà ? vous partez ?

Sans doute; maman serait inquiète.

PÉRÉGRINUS, tremblant.

C’est juste, oui, c’est juste. Bonsoir donc, mademoiselle Nanni. Merci... et... Merci ! bonsoir ! (Nanni va pour sortir, les portes se ferment d’ellcs-mêmes.)

NANNI, effrayée.

Qu’est-ce que c’est ?

PÉRÉGRINUS, voulant vainement ouvrir.

Qui donc se permet...? Max! Fritz! est-ce vous?... Qui est là?... Ouvrez donc! (On entend frapper trois coups dans le théâtre des marionnettes, et une petite musique d’ouverture part du violon qui est suspendu à la muraille opposée. L'archet joue de lui-mcme sur l’instrument.)

NANNI.

Ah ! mon Dieu ! quelqu’un s’amuse à vouloir nous faire peur 1

PÉRÉGRINUS, stupéfait, à part.

Quelqu’un dans le poêle allumé? (A Nanni, qui se jette effrayée lans ses bras.) Ne craignez rien, chère Nanni ! Je suis là. (u toile ln petit théâtre se lève. On voit un joli décor et deux marionnettes en «cène, le vieillard et l’enfant qu'on a déjà vus dans les mains de Pérégri- Dus, et qui avaient été remis dans la boite sous l’escalier.)

Page 1